ESSAIS EN ANGLETERRE ET EN FRANCE
et il est encore plus soluble dans Talcool et Téther. Il se liquéfle facilement; et on remploie beaucoup maintenant sous forme de liquide contenu dans des récipients métalliques en forme d'obus, comme l'acide carbonique. Nous verrons que son emploi sous cette forme nécessite certaines précautions pour être inoffensif.
Le protoxyde d'azote est capable de réaliser des combustions vives dans le genre de l'oxygène. Vous allez voir, par exemple, un morceau de fil de cuivre chauffé au rouge sur une lampe à gaz continuer à brûler dans le protoxyde d'azote, exactement comme il le ferait dans l'oxygène; et c'est précisément cette propriété d'entretenir activement la combustion qui avait attiré, sur la possibilité de son emploi pour réaliser l'anesthésie, l'attention des chirurgiens et des dentistes. Eh bien, loin d'être capable d'entretenir la respiration, comme il entretient les combustions vives, le protoxyde d'azote est au contraire absolument asphyxiant, comme un gaz inerte, quand il est respiré seul.
Comme je viens de le dire, c'était précisément cette propriété qui avait fait espérer aux premiers expérimentateurs que ce gaz, capable d'entretenir la combustion vive, pourrait également entretenir l'hématose. Je vous ai indiqué déjà, en faisant l'historique de l'anesthésie, dans quelles conditions le protoxyde d'azote avait été employé au début, et quelle avait été la différence des résultats obtenus par les premiers expérimentateurs en Angleterre et ceux obtenus en France à peu près à la même époque. Eh bien, cette différence de résultats tenait à l'état de pureté du gaz employé. Dans ses premières observations, Davy se servait de ballonnets de soie gommée pour renfermer le protoxyde d'azote, et ces récipients, comme vous le savez, ont la propriété de laisser diffuser le gaz qui est remplacé par une quantité proportionnelle d'oxygène; de sorte qu'au lieu de respirer du protoxyde d'azote pur, le sujet respirait un mélange d'air et de protoxyde d'azote. Les expériences faites en France par Proust, par Vauquelin, par Thénard, par Orfila, furent effectuées avec du protoxyde d'azote pur; et ces expérimentateurs obtinrent les résultats qu'on obtient maintenant quand on veut répéter la même expérience à Taide du gaz pur, en d'autres termes, ils constatèrent que l'action asphyxique de ce gaz est très intense, et ce fut là une des raisons les plus importantes des divergences qui furent observées à cette époque. Cependant, il semble qu'il devait y avoir encore, dans le