‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 261 sur 406 · INCONVÉNIENTS DU PUOTOXYDE D' AZOTE · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DU PUOTOXYDE D' AZOTE

typhoïde, etc., sous Tinfluence des virus syphilitique, typliique, etc.

Enfin, le dosage du protoxyde d'azote est très facile, grâce au procédé mécanique de régulation de la pression ; et il présente une sécurité incomparable, puisque, actuellement où le nombre des hypnoanesthésies pratiquées à Taide du protoxyde d'azote se chiffre par des centaines de mille, on en est encore au quatrième ou, au maximum, au cinquième cas de mort connu déterminé par Temploi du protoxyde d'azote. Je vous rappelle d'ailleurs ce simple fait, sur lequel j'avais déjà appelé votre attention à propos des statistiques mortuaires des hypno-anesthésiques, qu'avant d'entendre parler d'un seul cas de mort causée par le protoxyde d'azote, on était arrivé à réaliser ISOOOOanesthésies.

Eh bien, quels sont donc les inconvénients, car il semblerait qu'il faille renoncer à tout autre anesthésique que le protoxyde d'azote après ce que je viens de vous dire? Les inconvénients, ce sont les appareils et les dispositifs. Il est évident que, s'il était possible de trouver toujours à sa disposition un appareil comme celui indiqué par Paul Bert et comme celui qui doit exister encore à l'hôpital Saint-Louis, dans lequel ont été faites les expériences' de Labbé et de Péan; si l'on pouvait toujours avoir à sa disposition un appareil de ce genre, on serait certainement inexcusable de risquer la production d'accidents toujours à redouter avec l'emploi de l'éther et surtout du chloroforme. Mais, à raison de la grande difficulté d'utiliser cet appareil, son emploi est presque impraticable. En effet, non seulement il faut que le malade soit dans la cloche dans laquelle on peut augmenter la pression; mais il faut encore que le chirurgien et ses aides y soient également; tout le monde est enfermé dans la cloche avec une augmentation de pression de 300 millimètres de mercure; cette augmentation de pression est à peine perceptible, c'est vrai, c'est tout au plus si dans les premières minutes on éprouve quelques bourdonnements d'oreilles, quelques tintements qui cèdent bientôt et font place à l'étal normal; mais il est difficile, dans un appareil un peu vaste de ce genre, d'équilibrer la pression, d'y être un nombre suffisant d'opérateurs et d'aides, sans compter le matériel souvent encombrant, et surtout d'y rester un temps suffisant pour ne pas être gêné, soit par l'exhalation pulmonaire des individus, soit pour toute autre cause. Aussi, en réalité, celte difficulté dans le manuel opératoire restera-t-elle toujours au passif du

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protoxyde d*azote, qui, si cela pouvait être évité, serait certainement /

de tous les hypno-anesthésiques, celui qui remplirait le mieux le but

qu'on se propose. -']

11 nous restera maintenant, pour terminer cette étude, à passer i

en revue les procédés d'anesthésie mixte, c'est-à-dire d'anesthésie combinée; ce sera le sujet du début de notre prochaine réunion; et je la terminerai en vous montrant des tracés de respiration et de circulation cardiaque, sous Tinfluence des anesthésiques que nous 7 avons étudiés. J'ai préféré réunir Tétude de ces tracés en une seule | fois; je crois que cela vous sera plus profitable que de les avoir exa- ' | minés au fur et à mesure de Tétude des propriétés physiologiques du .] chloroforme et de l'éther, en vous permettant d'établir des compa- ;l raisons qui ressortiront avec la plus grande évidence de Texamen de ces résultats expérimentaux et en résumant les grandes lignes de >j Taction physiologique.

XVIP LEÇON

ANESTHÉSIES MIXTES OU COMBINÉES. — GRAPHIQUES DU CŒUR ET DE LA RESPIRATION

Nous allons terminer aujourd'hui l'étude des substances hypnoaneslliésiques en passant en revue les procédés dits d'aneslhésie mixte. Ces procédés consistent, comme vous allez le voir, dans Tassocialion des hypno-anesthésiques que nous avons déjà étudiés, notamment du chloroforme et de Téther, à des substances narcoti{[UBs ou bien à des modiflcaleurs du système nerveux ; et cela, dans le but soit d*augmenter Taclivité, Tintensité de la substance anesthésianle, soit, ce qui est préférable encore, d'en corriger les inconvénients.

Lls débuts de ces essais d'aneslhésie mixte remontent à une époque déjà assez éloignée; ils remontent aux essais de Claude Bernardf faits en 1869, et relatifs à l'emploi de la morphine en même tumps ijue les animaux étaient soumis à l'action du chloroforme. Sous 1 iiiiluencc de cette association, on peut voir un fait très cuiieux que je vous ai déjà signalé : c'est celui d'une coexistence de la paralysie pour la douleur avec la persistance de la sensibilité taclilf. Vous vous souvenez sans doute de ce fait que je vous ai déjà cité d une malade qui, ayant été soumise d'abord à une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine, et ensuite à l'inhalalîoii t!e vapeurs chloroformiques en quantité faible, était suffisamment aïiesthésiée pour qu'on ait pu pratiquer sur elle, à coups de ciseaux, l'ablation de condylômes de la région ano-vaginale sans qu'elle éprouvât une autre perception que celle de la sensation du coup de ciseaux sur chacune des végétations.

Ces Tails permettaient de concevoir l'espérance de trouver un procéilù susceptible de supprimer seulement la douleur sans arriver à

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