MORPHINE ET ETHER
déterminer le sommeil, sans paralyser tous les modes de sensibilité; et en laissant en quelque sorte à Tindividu opéré la possibilité de coopérer à Taction du chirurgien; en Taidant, par exemple, dans certaines opérations telles que celles pratiquées sur les voies respiratoires ou sur les voies buccales, en permettant à l'opéré dé cracher, de rejeter le sang répandu dans la cavité buccale pendant Topération. Des chirurgiens de Lyon qui, comme vous le savez, préfèrent de beaucoup Téther au chloroforme, ont essayé également d'administrer simultanément la morphine et Téther pour réaliser Thypno-anesthésie. Pour eux, ce qui semble tout naturel, étant donnée leur préférence relativement à Téther, cette association de la morphine et de l'éther serait encore préférable à l'association de la morphine et du chloroforme : la morphine, injectée préalablement aux inhalations de l'éther, augmenterait dans une notable proportion la puissance et la rapidité d'action de la substance hypno-anesthésique et elle permettrait de diminuer la dose de cette substance nécessaire pour amener l'anesthésie confirmée, par conséquent de diminuer également dans une large mesure ses inconvénients. M. Aubert, de Lyon, quia surtout beaucoup préconisé celte méthode, dit que l'hypno-anesthésie obtenue dans ces conditions est presque égale à celle obtenue par le chloroforme ; et qu'il n'est pas besoin d'attendre que le patient soit dans un état de résolution musculaire complète, précisément à raison du fait que la perception de la douleur est abolie sans que la perception consciente elle-même ait cédé à l'action de la substance hypno-anesthésique.
Je prends texte précisément de cette comparaison faite par M. Aubert (c'est un Lyonnais, celui-là; il n'est pas suspect de partialité contre l'éther; il serait plutôt, à la rigueur, suspect de partialité en sa faveur) pour vous faire remarquer que le chloroforme, de l'aveu implicite même de ceux qui tiennent comme beaucoup préférable l'emploi de l'éther, présente cependant certains avantages; puisque dans le mémoire où il insistait sur les avantages de cette méthode mixte, M. Aubert ne peut s'empêcher de dire que le sommeil obtenu par ce moyen étaiil presque égal à celui obtenu par V emploi du chloroforme \ il y a donc, parce fait, une reconnaissance implicite d'une certaine supériorité, au moins dans certains cas, du chloroforme sur l'éther.
Mais ce n'est pas le seul procédé qui ait été proposé; et nous allons