PROCEDE DE CLAUDE BERNARD OU DE NUSSBAUM
Le procédé d'Obalinsky, qui, je crois, esta peu près complètement délaissé maintenant et qui consistait dans Temploi simultané de la cocaïne et du chloroforme.
Le procédé de Stéfani et Vachetta, qui consiste dans Temploi de l'alcool simultanément avec Téther ou avec le chloroforme; ou encore le procédé de Billrolh, qui consiste dans l'emploi simultané de ces trois substances, alcool, éther et chloroforme.
Et enfin le procédé qui me paraît, de beaucoup, le plus avantageux, le plus important de tous, le procédé de MM. Dastre et Morat, qui consiste dans l'emploi simultané de l'atropine, de la morphine et du chloroforme. En raison de son action énergiquement cardiotonique, M. Langlois a proposé de substituer la spartéine à l'atropine, mais les résultats obtenus ne me paraissent pas plaider en faveur de cette substitution.
Quelques mots, Messieurs, sur chacun de ces procédés, pour vous en signaler à la fois les avantages lorsqu'il y aura lieu, et les inconvénients dans beaucoup de cas, comme vous allez le voir.
Procédé de Claude Bernard ou de Nûssbaum. — C'est Claude Bernard qui, le premier, a eu l'idée de cette association médicamenteuse; il employait la morphine d'abord, puis le chloroforme; le procédé de Niissbaum en diffère par ce qu'il emploie le choroforme d'abord et la morphine ensuite. A vrai dire, ces deux procédés sont sensiblement identiques, l'impression du système nerveux sous l'influence de l'hypno-anesthésique étant à peu près la même, avec une petite différence cependant, suivant que la morphine est injectée avant ou après.
En général, on adopte le procédé de Claude Bernard, on injecte la morphine d'abord, et on utilise l'action paralysante que la morphine exerce sur les hémisphères et, plus tard, sur la moelle. Pour que celte condition soit réalisée, il est nécessaire que la quantité de morphine qui sera introduite dans l'organisme, par voie d'injection souscutanée, réalise cette dose, à la fois ni trop faible ni trop élevée, qui détermine presque immédiatement une action stupéfiante, sans passer par la période d'excitation qui se produit, presque exclusivement, sous l'influence de doses trop faibles, ou qui se produit avec une intensité plus considérable, mais d'une façon très passagère, si les doses sont trop élevées; la susceptibilité individuelle à l'action de la morphine joue donc ici un rôle fort important, capital.