ABOLITION DE LA SENSIBILITE A LA DOULEUR
Le cù\è un peu délicat de Temploi de celte méthode, c'est d'arriver du premier coup, chez un individu dont on ne connaît pas à l'avance la siisee[4ibilité, à cette dose qui fait que le système nerveux du sujet sera stupéfié suffisamment par la morphipe, sans passer au préalable par une période d'excitation prolongée et allant précisément à rencontre des effets que l'on recherche. Lorsque ce point de stupéffiîtioci sous l'influence de la morphine est atteint, il est évident que le sYsli^me nerveux de l'individu sera préparé à ressentir beaucoup plus facilement les premiers effets de l'anesthésique ; les centres nerveux étant déjà déprimés, on n'aura plus à redouter alors, et en effet on ne vorra plus se produire, la période d'excitation initiale qui caractérise toujours l'emploi du chloroforme : d'autre part, cette action slupéfiante de la morphine amènera également une atténuation do l'action irritante que le chloroforme peut exercer sur les priiniières voies, et par conséquent on évitera, par cela même, les dungeift de la syncope laryngo-réflexe.
En outre, la quantité de chloroforme qu'on doit employer pour olilrnir Tanesthésie et pour la maintenir pendant un temps suffisamment long est beaucoup moins considérable lorsque l'individu a été prealaMi'ment soumis à l'influence d'une quantité de morphine que nous allons déterminer tout à l'heure, et, par conséquent, le danger des doses massives de chloroforme se trouve, sinon supprimé complèhîrnent, du moins, fortement atténué.
Jl* vous signalais tout à l'heure la production très facile de l'analgésie sons l'influence de cette association morphine-chloroforme : en eflei, lorsque l'individu est sous l'influence de cette quantité de morpliitie qui a suffi chez lui pour déterminer l'état de stupeur dont je viens de parler, une très faible quantité de chloroforme, en inha- Ifitions. est suffisante pour supprimer complètement la perception de la doiilvur, sans abolir cependant la conscience : le patient possède encore im certain degré de sensibilité tactile, de sensibilité auditive, ih sensibilité visuelle : il sent, il perçoit ce qui se fait autour de lui, comme le prouve l'exemple que je vous citais précédemment, mais il ne souffre pas. La sensibilité générale est perdue : le sujet éprouve une sensation vague d'engourdissement et d'étourdissement ; mais la conseience et l'intelligence persistent, avec, il est vrai, un degré d'olinuljilation plus ou moins accentué. Cette période, il faut le reconnaître, est en général assez courte; et c'est là, en somme, un