AVANTAGES
parmi eux, les plus importants sont incontestablement ceux-ci : Tatropiae ne modifie pas comme le fait la morphine la puissance expiratoire; et, surtout, elle supprime TefTet nauséeux ainsi que les vomissements. Vous savez, en effet, que, très souvent, on est obligé d avoir recours à Tinjection simultanée d'une faible quantité de sulfate d*atropine en même temps que de chlorhydrale de morphine, pour éviter chez un grand nombre d'individus Taclion nauséeuse, laction émétique même, de Tinjection sous-culanéc du chlorhydrate de morphine. De plus, le sommeil chloroformique qui succède à cette injeclion sous-culanée se fait remarquer par le calme absolu du sujet, on pourrait même dire par son inertie; inertie qui est telle que lorsqu'on a pratiqué pour les premières fois ces injections alropomorphinéesles opérateurs ont été quelque peu effrayés par l'état que l'on pourrait presque aller jusqu'à désigner par la qualification de mort apparente dans lequel se trouvait le sujet, se demandant s'il respirait, s'il n'était pas en imminence de syncope cardiaque.
Enfin, avantage non moins appréciable, c'est qu'il faut environ de vingt à trente fois moins de chloroforme pour réaliser l'anesthésie et pour la maintenir; par conséquent ce procédé n'expose pas à l'apnée toxique, à la syncope par sidération, comme on la dit, à moins qu'on n'observe pas les précautions nécessaires et qu'on administre le chloroforme à l'aveugle, sans régler convenablement la quantité que Ton emploie.
A côté de ces avantages, ce procédé a des inconvénients, comme tous les procédés possibles. Le premier, et certainement le plus grave, consiste dans la susceptibilité exagérée de certains individus pour l'atropine. C'est, en effet, une de ces substances avec lesquelles on observe, vis-à-vis de la susceptibilité individuelle, les écarts les plus considérables : tandis qu'on trouve des individus qui, sous Tinfluence d'un milligramme ou d'un demi-milligramme, quelquefois même moins, de sulfate d'atropine en injection sous-cutanée, présentent des accidents toxiques graves, on en voit d'autres, au contraire, qui supporteront 3, 4 et jusqu'à 6 milligrammes, en injection souscutanée, sans éprouver le moindre accident.
Il faut se rappeler ici que 2 à 3 dixièmes de milligramme de sulfate d'atropine suffisent, en moyenne, à paralyser les filets modérateurs cardiaques des vagues, tout en laissant intacte l'excitabilité des