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ANALGÉSIE GÉNÉRALE ET LOCALE

dire puisque nous nous plaçons exclusivement au point de vue de la pharmacologie. Il me paraît donc plus logique de reporter Tétude de ces substances antithermiques-analgésiques avec celle de leurs principales propriétés pharmacodynamiques, c'est à-dire déranger Tétude de Tantipyrine à côté de celle de la quinine et des autres substances dites antilhermiques, c'est-à-dire exerçant sur le système nerveux central une action dépressive, particulièrement remarquable sur les centres de la thermogénèse; leur analogie au point de vue pharmacodynamique étant extrêmement étroit.

Nous ne retiendrons donc, au point de vue qui nous intéresse de l'analgésie locale, que celles de ces substances qui sont capables de déterminer une véritable analgésie plus ou moins nettement localisée. Cette action peut être obtenue par la stupéfaction du système nerveux central, en réalisant un défaut de réceptivité et une transformation incomplète de l'impression, ou bien par une diminution d'excitabilité du système nerveux périphérique, c'est-à-dire par défaut de conductibilité. Cela amène à considérer deux sortes d'analgésie : l'analgésie générale, c'est-à-dire celle obtenue en s'attaquant au système nerveux central, et l'analgésie véritablement localisée, c'est-à-dire celle obtenue en s'attaquant au système nerveux périphérique. Dans tous les cas, et quel que soit le procédé par lequel cette analgésie est obtenue, on voit, en définitive, qu'elle n'est qu'une diminution de l'excitabilité nerveuse et, en quelque sorte, le stade de début de l'anesthésie.

Elle peut être obtenue par des procédés très divers, ayant toujours en somme pour but commun de diminuer, dans une plus ou moins notable mesure, la série des phénomènes physico-chimiques accompagnant la vie des éléments anatomiques.

Les procédés à l'aide desquels ces phénomènes peuvent être diminués plus ou moins, parfois même complètement anéantis, sont très différents. On pouvait espérer trouver des substances qui, appliquées localement, seraient capables de réaliser l'insensibilisation de la seule partie à opérer sans altérer ou sans modifier, d'une manière sensible ou prolongée, les tissus avec lesquels elles seraient en contact. C'est là, à vrai dire, l'analgésie localisée idéale; aussi, jusqu'à présent du moins, aucune substance ne réalise d'une façon parfaite ce desideratum.

D'ailleurs, il est presque inutile d'insister sur les difficultés qu'il

\-U PROCÉDÉS MÉGANIQUES

y aurait à trouver un agent remplissant exactement et strictement ces condiHons, attendu qu'il est impossible de trouver une substance qui, îippliqu*5e sur le tégument, puisse gagner de proche en proche, Rans passer par la voie sanguine, et sans causer alors, par simple contact, des altérations plus ou moins considérables de structure des étcmenls anatomiques.

Il est cependant fort important, au point de vue des applications à la |>elite chirurgie, à la chirurgie oculsiire, à la chirurgie du larynx et des oreilles, de trouver un procédé permettant d'obtenir une insensibilisation telle qu'on puisse, avec une sécurité plus ou moins considérable, réaliser des opérations telles que excision d'abcès, ouverture de phlegmons, d'anthrax, de panaris, etc. ; en général toutes les opérations superficielles qui peuvent se faire rapidement, qui causent toujours une douleur intense, et à propos desquelles cette douleur méine peut constituer une cause d'accidents plus ou moins graves.

Eli bien. Messieurs, à une époque déjà très éloignée, les chirurgiens insiâlaieiit beaucoup sur certaines règles de manuel opératoire ijui étaient propres à diminuer, dans une large mesure, la douleur causée par cm opérations. Il faut bien reconnaître que tous les procédés qui étaient alors vantés ou recommandés étaient des procédés iitusuiresou fantaisistes. C'est ainsi, par exemple, que dans les vieux traités de chirurgie on voit des chapitres tout entiers consacrés aux soins qu'il est nécessaire d'apporter relativement au graissage, au chaulVaife des instruments; d'autres vont mêmejusqu'à recommander tlcmployer des métaux précieux pour la fabrication des instruments coupants, s'imaginant que, par l'emploi de ces métaux précieux, la douleur de 1 incision sera moins considérable : c'est là précisément le contraire do la vérité, puisqu'il est impossible de trouver, en dehors de l'acier, un métal capable de subir Taffûtage de façon à donner un tranchant aussi net et aussi vif que celui de l'acier. D'autre part, certains chirurgiens anciens recommandaient, pour éviter la saulTrance causée par les amputations lorsqu'elles devaient porter sur des tissus sphacélés,de faire pénétrer le couteau dans l'épaisseur des tissus sphacélés. C'est là une hérésie chirurgicale, puisque, évidemment, c'est laisser en place une partie des tissus que l'opération a pour but de retrancher.

Il en est au I rement de certaines pratiques, recommandées par des chirurgiens d*; la fin du siècle dernier et du commencement de

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