‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 276 sur 406 · PROCÉDÉS PHYSIQUES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS PHYSIQUES

celui-ci, qui se basaient plutôt sur des considérations anatomiques. C'est ainsi par exemple que Lisfranc écrit : « Dans le cas où des incisions devront être pratiquées, elles commenceront du côté de l'origine des nerfs au lieu de venir s'y terminer; on conçoit aisément qu'un cordon nerveux conservant ses communications avec le centre commun, la douleur sera la même tant que l'instrument agira sur lui; que si, au contraire, ses communications sont détruites par une section complète, d'autres sections consécutives seront moins douloureuses. »

On avait cherché également, en dehors de ces manières d'opérer, s'il n'existait pas certaines substances capables de déterminer une diminution de la douleur ou une disparition plus ou moins notable delà sensibilité; et les anciens connaissaient sous le nom de pierre de Memphis la substance, décrite par Pline et Dioscoride, au sujet de laquelle Pline écrivait : « Quant au marbre du Caire, qui est dit des « Anciens Memphitis, il est de la nature des pierres précieuses : il se tf réduit en poudre qui est fort bonne, appliquée en Uniment avec du « vinaigre, pour endormir les parties qu'on veut couper ou cauté- « riser, car elle amortit tellement la partie qu'on ne sent point de « douleur ». Les renseignements donnés plus tard par Dioscoride au sujet de cette pierre, ont permis de penser qu'il devait s'agir d'une variété de carbonate de chaux. Il est en effet de connaissance vulgaire maintenant que le dégagement de gaz acide carbonique est capable de déterminer, dans une certaine mesure, la sédation de la douleur.

D'autre part, depuis Hippocrate jusqu'à Ambroise Paré, certaines pratiques ont été mises en usage par les chirurgiens. Ils trouvaient par exemple, dans l'emploi de la fumée d'herbes aromatiques ou de certaines préparations, des procédés qui permettaient de diminuer la sensibilité à la douleur dans une assez notable proportion. Les fumigations avec les produits aromatiques étaient utilisées couramment pour diminuer la douleur causée par les ulcères; et, dans d'autres circonstances, on avait recours, pour déterminer une insensibilisation plus efficace, à la préparation de trochisques qu'on brûlait et qui étaient composés d'un mélange d'encens, de mastic, de graines de genièvre, de ladbanum, d'orpin rouge et de cinabre; ces substances étaient agglomérées avec de la térébenthine solide. En brûlant, ce mélange donnait naissance à une fumée intense dans laquelle se

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