ACIDE CARBONIQUE
trouvaient certainement des vapeurs d'acide carbonique, peut-être même de Toxyde de carbone; dans tous les cas, des vapeurs arsenicales et mercurielles dont la présence, avec celle de Tacide carbonique, ne devait pas être étrangère à l'action analgésiante déterminée par ces fumigations.
Plus lard, d'fidlleurs, avant l'emploi des procédés que nous allons étudier dans un moment, Richardson avait essayé d'utiliser les procédés de fumigation en employant la fumée du lycoperdon, c'est-à-dire produite par la combustion de la poudre contenue dans ce champignon vulgairement appelé vesse-loup, fumée qui était utilisée déjà depuis longtemps, en Angleterre, pour déterminer l'engourdissement des aheilles quand on voulait les changer de ruche. Vous savez qu'autrefois on employait dans ce but l'acide sulfureux; mais ce procédé avait un inconvénient, c'est qu'il entraînait la mort d'un grand nombre d'abeilles; et on avait fait cette observation que la fumée du lycoperdon avait pour effet d'engourdir simplement les abeilles, sans déterminer d'accidents. Richardson avait appliqué cette action engourdissaiite à la chirurgie humaine; il en avait tiré, parait-il, d'assez bons résultats.
C'est également sur des observations du même genre qu'était basé remploi, proposé par des chirurgiens du milieu du siècle dernier, de bains de levure de bière ou de marc de raisin. Vous savez que l'atmosphère qui surnage la levure de bière ou le marc de raisin est très rîcbi^ en acide carbonique. Au milieu du xvni® siècle, les observateurs niulUi>lièrent à l'envi les condilions expérimentales pour montrer et déterminer jusqu'à quel point l'air fixe, c'est-à-dire l'acide carbonique, était capable de produire l'insensibilisation. Collard de Marligny, qui a écrit à la fin du siècle dernier un mémoire très intéressant sur l'action de l'acide carbonique et les avantages qu'on en pouvait tirer au point de vue de ses applications à l'art médical, Collard de Martigny avait fait des expériences sur lui-même pour monlrer jusqu'à quel point l'action de l'acide carbonique était une action sédative. De même Pilâtre du Rozier était descendu dans une cure contenant du moût en fermentation; mais son expérience était moins probante que celle de Collard de Martigny, parce qu'il s'élait exposé à l'inhalation par l'appareil respiratoire du gaz émis pendant la fermentation, alors que Collard de Martigny avait eu soin de mellre sa tête, et son appareil respiratoire par conséquent, en dehors