‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 279 sur 406 · EMPLOI DE LA BANDE D'ESMARCH · texte numérisé non relu

EMPLOI DE LA BANDE D'ESMARCH

externe de la cuisse étaient complètement insensibles à la piqûre. Enfin, il obtenait l'insensibilité de tout le membre inférieur par la compression simultanée du sciatique et du crural. Seulement, cette compression était presque toujours accompagnée d'un obstacle plus ou moins considérable à la circulation veineuse; ce qui, dans une certaine mesure, rapprochait ce procédé, quant à ses inconvénients, (lu procédé du garrot.

D'ailleurs un certain nombre d'expériences, absolument empiriques celles-là, existaient déjà depuis longtemps, démontrant qu'il était possible, par la seule compression, ou même par certaines sections nerveuses, de faire disparaître complètement la douleur dans certaines régions. C'est ainsi que des empiriques savaient parfaitement faire disparaître instantanément les douleurs de dents par la compression, à son émergence, de la branche dentaire du nerf maxillaire inférieur. Le professeur Richet père citait, dans ses cliniques, ce fait qui lui était arrivé. Un rebouteux de la rue aux Fèves à Paris avait la réputation de guérir radicalement les maux de dents, les névralgies dentaires les plus rebelles, et il obtenait à cet égard un succès aussi certain que retentissant. Richet eut la curiosité de se rendre chez lui pour savoir quel était le procédé dont il se servait avec tant d'efficacité. Eh bien, ce procédé consistait tout simplement dans la section de la branche auriculo-temporale du maxillaire inférieur, section pratiquée entre le condyle et l'antitragus : cette opération, exécutée avec une dextérité dénotant une longue pratique, amenait une insensibilité complète de toute la région innervée par le maxillaire inférieur et, par conséquent, la guérison assurée de toutes les névralgies dentaires.

Une modification heureuse de ce procédé de compression consiste dans l'emploi de la bande d'Esmarch. On a fait des essais qui ont démontré qu'on obtenait l'anesthésie complète d'un membre au bout de deux ou trois minutes, mais que cette aneslhésie était fort peu durable et promptement suivie d'hyperesthésie.

Emploi du froid- — Mais un procédé qui a donné de bien meilleurs résultats que les précédents, qui peuvent cependant encore être utilisés quand on est pris au dépourvu, réside dans l'emploi du froid.

Il est de connaissance extrêmement ancienne, presque vulgaire, que le froid engourdit dans une mesure très remarquable et que, sous

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