‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 280 sur 406 · RÉFRIGÉRATION · texte numérisé non relu

RÉFRIGÉRATION

rinfluence de cet engourdissement, les sensations de contact et de douleur sont extrêmement obtuses et peuvent même disparaître complètement. Un chirurgien militaire du premier Empire, Larrey, qui a écrit la relation de ses campagnes et rapporté des observations si intéressantes à lire et si curieuses au point de vue de Temploi de certains procédés, fait remarquer que le jour de la bataille d'Eylau, par un froid de — 10°, toutes les amputations avaient été pratiquées avec une grande facilité et sans que les opérés ressentissent des douleurs intenses comme d*habitude : il cite encore ce fait que, pendant la retraite de Russie, il put pratiquer une amputation de la cuisse sur un jeune soldat simplement adossé à un pan de mur et qui maintenait sa cuisse en lui servant d*aide, alors que deux camarades soutenaient un manteau au-dessus du chirurgien et de Topéré pour les garantir de la neige. Larrey note également que pendant cette désastreuse retraite de Russie, il arrivait souvent que nos soldats, dont les mains étaient engourdies par le froid, ne pouvaient pas faire usage de leurs armes pour se défendre contre les cosaques.

Ces résultats sont dus, principalement, à la diminution considérable de conductibilité nerveuse qui se produit sous Tinfluence du froid. Lorsqu'en effet on soumet un nerf à Faction d*un mélange réfrigérant, comme dans les expériences dont je vais parler, on observe que lorsque le nerf est près de son point de congélation, il arrive à une indifférence complète, non seulement aux excitations de la volonté, mais même du galvanisme. Par conséquent, toute la région innervée par ce tronc nerveux et ses branches se trouve dans un état de paralysie plus ou moins accentuée. Si le point de congélation n'est pas atteint complètement, si l'élément anatomique n'a pas perdu ses propriétés fonctionnelles, on voit ensuite se produire une dilatation vasculaire assez considérable, accompagnée d'une congestion intense. Dans ces conditions, lorsque la température s'abaisse suffisamment, le tissu nerveux peut subir certaines altérations consistant en une augmentation de volume, avec coloration plus sombre des fibrilles; parfois même on peut trouver des ruptures vasculaires entre les fibres nerveuses, entraînant à la suite une dégénérescence dans le sens périphérique.

Des expériences ont été faites par divers expérimentateurs, notamment par Weir-Mitchell et Rosenthal, à l'effet de se rendre compte de la façon dont le tissu nerveux était influencé par le froid.

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