MELANGES RÉFRIGÉRANTS
Un mélange de deux parties de neige ou de glace pilée et une partie de sel marin donne un abaissement de — 18**.
Enfin, comme température extrêmement basse, et permettant seulement de refroidir artificiellement certains objets ou certaines substances, un mélange de 2 parties de neige et de 3 parties de chlorure de calcium cristallisé et réduit en poudre donne un abaissement de température qui va jusqu'à — 51°.
C'est encore un médecin anglais, J. Arnott, de Brighton, qui recommanda le premier l'emploi des mélanges réfrigérants, surtout du mélange de glace et de sel marin. Ce mélange, bien que sa température ne dépasse pas — 10**, est presque impossible à régler dans son application; et, souvent, on observe, quand on l'emploie, une mortification plus ou moins profonde, plus ou moins considérable, des tissus avec lesquels il est mis en contact. C'est pourquoi on a cherché à remplacer ce mélange réfrigérant, dont l'action est en somme assez incertaine, par d'autres procédés permettant une réfrigération au moins aussi considérable, mais dont le maniement est plus facile : je veux parler de l'emploi des liquides volatils.
Mais auparavant, je vous dirai encore quelques mots d'un procédé recommandé dans ces dernières années par M. Marc Létang, procédé qui consiste à introduire dans l'intimité des tissus, au moyen d'injections intra-musculaires, des liquides fortement refroidis : il faut, bien entendu, choisir un liquide qui soit capable d'être fortement refroidi sans se congeler, qui n'ait pas d'action sur les tissus, qui soit aseptique, et enfin dont la chaleur spécifique soit élevée, de façon que son réchauffement se produise aussi lentement que possible. Ce liquide peut être réalisé par le mélange que voici : 1 partie d'éther, 3 parties d'alcool, 2 parties de glycérine et 4 parties d'eau phéniquée à 1 p. 100. Ce liquide peut être plongé dans un mélange réfrigérant quelconque, même un mélange qui ne pourrait pas être employé pour être mis au contact direct des tissus, tel qu'un mélange de sulfate de soude et d'acide chlorhydrique, qui donne un abaissement de température allant jusqu'à — 17°. Voilà une certaine quantité du liquide dont je viens de vous donner la composition que l'on a soumis au refroidissement produit par un mélange de 8 parties de sulfate de soude avec S parties d'acide chlorhydrique depuis plus d'une heure; ce liquide a pris, comme vous voyez, une consistance légèrement visqueuse, mais il n'a pas perdu sa liquidité et il est pos-