‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 283 sur 406 · LIQUIDES VOLATILS · texte numérisé non relu

LIQUIDES VOLATILS

sible de Tintroduire, à Taide d'une seringue, dans les tissus à celte température très basse.

On peut même préparer de cette façon des mélanges liquides à la température de — 20° ou — 23'*, à Taide desquels on peut obtenir, non seulement des refroidissements énergiques, mais encore une action caustique des plus intenses, et déterminer ainsi au sein des tissus la formation d'une escarre aseptique : on pourrait, à leur aide, réaliser la destruction, dans la profondeur des tissus, de néoplasmes ou de tumeurs, sans craindre à la suite la résorption du liquide caustique ou la production d'embolies.

Un abaissement de température de — 10** suffit à réaliser des injections seulement analgésiantes ; et cette méthode permet de pratiquer ces injections au centre d'une région située plus ou moins profondément, alors que les procédés habituels de réfrigération ne produisent qu'une analgésie superficielle. La persistance du refroidissement dans la profondeur des tissus détermine la contraction des capillaires et l'arrêt de la circulation : le sang ne peut donc venir réchauffer ces tissus et leur rendre leur température normale en même temps que leur sensibilité.

Cependant, la pratique n'a pas encore suffisamment sanctionné ce manuel opératoire pour qu'il ne soit pas nécessaire de faire quelques refitrictions sur le point de savoir, précisément, si les phénomènes consécutifs à cette action refroidissante, au sein des tissus, ne pourraient pas entraîner quelques inconvénients du genre de ceux que je vous signalais tout à l'heure à propos de l'action du froid sur le tissu nerveux.

Emploi des liquides volatils. — Lorsqu'on a cherché à substituer les liquides volatils aux mélanges réfrigérants dont je viens de vous parler, ce fut d'abord une simple immersion de la partie dolente dans un liquide volatil à laquelle on a songé. On a commencé par lotîonner simplement la partie dolente avec de l'éther ou avec un liquide plus volatil que l'éther. Ensuite, on a activé la vaporisation de ce liquide au moyen d'un courant d'air ; c'était la méthode de Bichet. Enfin, on a amené ce procédé à son maximum de perfection au moyen du pulvérisateur de Richardson, qui permet de projeter, à l'aide d'un courant d'air et sur une surface plus ou moins considérable, un jetd'éther dont la vaporisation va amener un refroidissement assez intense. Il est nécessaire, quand on veut se servir

43i BROMURE D'ÉTHYLE

du procéJé de Richardson, d'employer de Télher absolument pur, cel éther que j'ai appelé élher officinal. En effet, le mélange d'alcoolj (Feau ou d'autres substances moins volatiles, retarde ou empêche même complètement Faction analgésiante locale exercée par la vaporisation de Téther. De plus il faut que la pulvérisation soil faite sans ménagement, parce que si la pulvérisation est lente elle est beaucoup plus douloureuse, au moins au début, que lorsqu'elle est faite en quantité un peu considérable. Enfin, je vous rap[>elle ce point, sur lequel j'ai déjà appelé votre attention ; l'explosion du mélange d'air et des vapeurs d'éther en présence d'un corps en i^rrulion; ce qui rend impossible, en même temps que cette pulvérisatiun d'éther, l'emploi soit de la lumière artificielle, soit du fer rouge, soit du thermocautère.

On a cherché, pour parer à ces inconvénients ou pour agumenter l'înlen^itc du refroidissement, à employer d'autres liquides que réther onliuaire.

L'influence de la température d'ébullilion de ces liquides et de leur chaleur spi^cifique est très importante à considérer. Moins le point d'ébullitiou d'un liquide sera élevé, plus son évaporation sera facile, plus elle jvroduira de froid et, par conséquent, d'effet analgésiant utile; de môme, plus la chaleur spécifique du liquide sera faible, plus son évaporation sera rapide et, par conséquent, donnera un effet aïialgésiant marqué. C'est donc par l'emploi de liquides entrant en ébuUition à basse température et possédant une chaleur spécifique faible qu il faut chercher à réaliser cette analgésie locale.

Un des liquides qui ont été le plus avantageusement substitués à Télher, c'est l'éther bromhydrique, ou bromure d'éthyle, dont nous avons déjà étudié les applications à l'hypno-anesthésie

11 ne bùul qu'à 38°S, c'est-à-dire à peine 4** plus haut que l'éther ordinaire, ce qui est insignifiant; et il permet de réaliser, avec rapi»areil de Richardson, une analgésie locale très efficace, à condition qu'on fasse une pulvérisation assez abondante et suffisamment près de la partie à analgésier, à dix ou quinze centimètres au plus de cette partie. Sous l'influence d'une pulvérisation ainsi conduite, en deux ou trois minutes on voit une plaque blanche se former aux points touchés par le jet de vapeur d'éther; cette plaque blanche est le lémoîn de l'insensibilité de la peau et même d'une couche mince du tissu sous-jacent. Le bromure d'éthyle présente encore cet avan-

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