‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 290 sur 406 · CONDITIONS A OBSERVER · texte numérisé non relu

CONDITIONS A OBSERVER

précisément à la persistance de quelques plaques épidermiques. C'est pour cela que Ton a recommandé le pansement des panaris et des brûlures à Taide des solutions de cocaïne; mais le fait de Tinflammation semble, dans ces circonstances, augmenter dans une très notable mesure l'absorption et par suite la diffusion générale de la solution de cocaïne.

Lorsqu'on veut utiliser la cocaïne pour faire de Fanesthésie à une certaine profondeur, il faut que la solution soit injectée, non pas dans le tissu cellulaire sous-cutané, parce qu'alors elle se diffuserait très rapidement dans l'organisme , ce qu'on ne cherche pas à obtenir, mais il faut qu'elle reste dans le derme, où elle sera mieux retenue là où elle doit exercer son action anesthésiante pendant un temps plus ou moins considérable.

Disons tout de suite, Messieurs, adoptant en cela les idées de M. Reclus, qui me paraissent absolument justifiées par les faits, que les solutions de cocaïne sont absolument inoffensives lorsqu'on sait les manier. Il en a d'ailleurs fourni les meilleures preuves. Pour M. Reclus les accidents qu'on peut constater sont dus à l'ignorance ou à l'imprudence de ceux qui se servent des solutions de cocaïne.

Il y a un certain nombre de points qu'il faut toujours avoir présents à l'esprit lorsqu'on veut faire usage d'une solution de cocaïne; ce sont les suivants : dose faible, titre faible, injection traçante et restriction de la circulation par un procédé quelconque, celui de la bande d'Esmarch, par exemple.

Le titre de la solution }oue un rôle extrêmement important dans la production de l'analgésie, mais surtout dans la production des phénomènes toxiques qui peuvent se développer sous l'influence de la diffusion dans l'organisme. Ainsi, une solution concentrée à un titre déterminé est aussi toxique qu'une solution étendue qui introduirait dans le même temps cinq à six fois autant de cocaïne que la première sous l'épiderme. Il semble que la saturation exagérée d'une petite portion de l'organisme ait, par elle-même, des conséquences toxiques graves; et cela, tout à fait indépendamment de la saturalion totale qui raccompagne. Ce phénomène, fort curieux au point de vue physiologique, a été observé très nettement sous l'influence de la cocaïne, mais on Ta vu se reproduire aussi avec d'autres substances : cela n'est donc pas un fait isolé.

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