LIMITES DE L EMPLOI
Les solutions de cocaïne qui doivent servir pour ces injections sont des solutions à 1 pour 100. Je répète qu'en ce moment je m'occupe exclusivement du procédé de M. Reclus; plus tard, quand nous nous occuperons d'autres procédés, vous verrez qu'on est arrivé à se servir de solutions de cocaïne à titre encore inférieur.
Pour cette solution à 1 pour 100, le nombre de seringues à employer, c'est-à-dire la quantité de liquide en centimètres cubes, et par conséquent de chlorhydrate de cocaïne en centigrammes, peut aller à 4, 6, 10, 15 seringues; il a même été poussé exceptionnellement jusqu'à n et même 19 seringues, c'est-à-dire 19 centigrammes. M. Reclus recommaqde de ne jamais atteindre 20 centigrammes, se basant sur ce fait qu'on a observé un cas de mort après une injection de 22 centigrammes; il faut dire que le titre de dilution était complètement inconnu. Dans l'esprit de M. Reclus le titre de la dilution a dû jouer dans cette circonstance un rôle considérable; cela semble très probable, d'après ses nombreuses observations.
Cependant, Messieurs, il ne faut pas oublier un point : c'est qu'on a eu ce que nous avons appelé tout à l'heure des alertes, c'est-à-dire des accidents marqués, sinon graves, avec des quantités de 11, de 10, de 7 et même de 4 centigrammes. Ces faits ont été mis en évidence par MM. Reynier, Hœnel, Schwartz, Comte. Schwabach a constaté un accident avec 12 milligrammes et Hallopeau avec 8 milligrammes. Hugenschmidt aurait même eu des alertes avec 3 et 2 milligrannmes.
Cela prouve que la cocaïne, comme toutes les substances éminemment actives, est un médicament pour l'administration duquel il faut toujours déployer une grande attention; et cela ne fait que donner encore plus de poids aux restrictions qui ont été émises par M. Reclus, relativement à l'emploi de son procédé.
Eh bien, Messieurs, avec sa solution à 1 pour 100, M. Reclus a pu pratiquer des amputations du bras et de l'avant-bras, la suture de la rotule, l'extirpation d'une tumeur considérable qui avait 59 centimètres de circonférence, faire des laparotomies; sans dépasser la dose de n centigrammes que je signalais tout à l'heure comme une des doses extrêmes qu'il ait employées. Cette utilisation de la cocaïne a été appliquée par lui à l'opération du goitre, à la résection des côtes, à l'excision du sein, à la cure radicale des hernies, de Thydrocèle, à la création d'un anus artificiel, à la dilatation anale, à l'extirpation