TECHNIQUE DE LA MÉTHODE DE RECLUS
d'hémorroïdes, à la castration; enfin à un certain nombre d autres opérations qui, comme vous le voyez, sont des opérations de grande chirurgie. Cela permet de concevoir, comme je le disais tout à Theure, la possibilité de l'emploi de la cocaïne dans un nombre de circonstances beaucoup plus considérable que celles dans lesquelles on avait osé l'employer jusqu'ici.
Il est un certain nombre de conditions accessoires, si l'on peut ainsi dire, qu'il est indispensable d'observer lorsqu'on pratique ces injections intra-dermiques de cocaïne. Comme j'ai déjà eu bien des fois l'occasion de vous le faire remarquer, c'est souvent l'oubli de ces précautions, en apparence exagérées ou superflues, qui cause l'échec d'un procédé. Cela est peut-être encore plus vrai lorsqu'il s'agit d'analgésie par la cocaïne qu'en toute autre circonstance. Aussi, voyons-nous tous les auteurs insister particulièrement sur les détails de la technique.
Tout d'abord, c'est la position horizontale du malade. M. Reclus a fait ressortir avec une grande évidence que, presque toujours, lorsqu'il s'était produit des syncopes, — et ce fait s'est observé surtout chez les dentistes, — cela tenait à ce que l'introduction de la solution de cocaïne avait eu lieu sur des individus assis ; très fréquemment au moins, on observe, sinon une syncope véritable, de la pâleur subite de la face et une tendance à l'évanouissement avec un certain état lipothymique chez les individus chez lesquels l'injection de la cocaïne, même à très petite dose, est pratiquée alors qu'ils ne sont pas dans le décubitus horizontal.
En outre, il est préférable que le malade ne soit pas à jeun au moment où on lui fait l'injection de cocaïne.
L'aiguille de la seringue de Pravaz doit être introduite en plein derme ; on exerce une pression légère et continue sur le piston, de façon que, après la première piqûre, les tissus soient déjà sous l'influence de la cocaïne; l'aiguille va cheminer ensuite, toujours dans l'épaisseur du derme; et, au fur et à mesure de sa pénétration, la cocaïne va être déposée dans les mailles du tissu. Il faut faire, comme je vous l'ai dit, une injection traçante et continue, et non pas une injection par à-coups successifs; cette pression continue a pour but, précisément, d'éviter l'introduction dans une veine et l'impression rapide des centres nerveux sous l'influence de la cocaïne. Il est évident que, sous l'influence de cette pression continue exercée sur le