TECHNIQUE DE LA METHODE DE RECLUS
piston de la seringue, une très petite quantité de cocaïne peut être introduite dans une veine, si l'aiguille vient à en traverser une, mais ta quantité de solution de cocaïne qui sera introduite ainsi dans le système vasculaire sera extrêmement minime, absolument négligeable, et très différente de celle qui pourrait y pénétrer si, la canule étant restée en place, la majeure partie de Tinjection avait pu pénétrer par le vaisseau lésé.
Enfin, dans les tissus mous, M. Reclus conseille de faire une injection rétrograde, c'est-à-dire d'enfoncer tout d'abord la canule jusqu'à son extrémité, puis de presser doucement et régulièrement sur le piston en retirant lentement la seringue des tissus ; il donne ce conseil notamment pour faire des injections de cocaïne dans les lèvres, dans la langue, dans le col utérin, dans la région anale, dans les régions où se sont développés des angiomes. Par la mise en œuvre de ce procédé, on voit se former, après l'injection de cocaïne, une ligne blanchâtre proéminente qui est précisément la limite de la région analgésiée sous l'influence de la solution de cocaïne. Cette ligne de démarcation occupe une largeur d'un centimètre au plus et c'est dans cette région que doit porter l'incision que l'instrument tranchant doit venir faire plus tard. Cette zone d'analgésie peut être étendue dans une petite proportion en pratiquant un massage léger après l'introduction de la cocaïne : on facilite ainsi la diffusion de la solution dans un espace d'un centimètre et demi à deux centimètres au maximum.
Cette méthode de M. Reclus a été légèrement modifiée par Kunomer, de Genève, qui a obtenu un renforcement et une prolongation de l'action locale en effectuant la constriction, avec la bande d'Esmarch, du membre dans lequel se pratiquait l'injection. De plus, on lui doit une remarque qui a été mise à profit par les auteurs de méthodes différentes de celle de M. Reclus; cette remarque est la suivante : il recommande, lorsqu'on pratique une opération sanglante, de réaliser une élimination partielle de la cocaïne en laissant saigner pendant un certain temps la partie opérée avant de faire le pansement; de cette façon il obtient une élimination assez notable d'une partie de la cocaïne qui a été injectée, et sa pratique se base sur cette observation que c'est surtout dans les cas d'injections perdues, c'est-à-dire dans les opérations non sanglantes, lorsque les injections restent in situ après le pansement, qu'on observe les