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ACCIDENTS CAUSES PAR LA COCAÏNE

montré que les cas de mort étaient dus à Temploi de doses véritablement énormes : dans un cas, par exemple, on avait injecté 1*' 50 de cocaïne en solution dans un espace clos; il est évident, aujourd'hui, que rinjection d'une pareille quantité de substance est condamnable et absolument inutile. Dans la discussion de ces statistiques il est arrivé à prouver que tous les cas mortels, de même que les accidents un peu graves, étaient dus soit au titre trop élevé des solutions, soit à la position verticale du malade. Enfin il a noté ce fait, sur lequel jai déjà appelé votre attention à propos du badigeonnage des muqueuses, que Tinflammation des tissus détermine une absorption rapide à laquelle il faut songer lorsqu'on pratique des injections; de plus, certains phénomènes assez graves se sont produits à la suite de la pénétration de l'aiguille dans une veine dilatée et sans qu'on ait eu le soin de faire l'injection traçante, comme il le recommande, et parce que la presque totalité de la solution de cocaïne avait pu pénétrer dans la veine.

M. Reclus a noté aussi la production d'accidents graves à la suite de badigeonnages sur le pharynx enflammé, ou bien de pulvérisations, pratiquées dans l'arrière-gorge, avec une solution à 2 pour 100. Ici, il est évident que les conditions de résorption sont portées à leur maximum; et qu'il est presque impossible d'éviter que l'individu chez lequel on pratique ces badigeonnages ou ces pulvérisations n'absorbe une proportion de cocaïne très suffisante pour impressionner le système nerveux central. Enfin certaines muqueuses, l'urèthre, la muqueuse rectale, se font remarquer également par une absorption très rapide et très énergique; il en est de même pour certaines séreuses, pour la vaginale entre autres. Dans les cas d'anthrax, de phlegmons, d'adénites, on a toujours noté une absorption plus considérable des solutions de cocaïne.

M. Reclus termine cette discussion en faisant ressortir les avantages de l'analgésie localisée sur la méthode d'anesthésie générale au moyen du chloroforme. La cocaïne, en efl^et, donne la possibilité d'opérer des obèses, des gens à cœur graisseux, des emphysémateux, chez lesquels, presque à coup sûr, l'emploi du chloroforme aurait déterminé des accidents graves.

Mais les avantages de la cocaïne consistent encore dans l'absence de douleur dans la région opérée ; cette région, lorsque l'injection est bien faite, étant absolument analgésiée pendant toute ladurée de l'opération.

AVANTAGES DE L'ANALGÉSIE COCAÏNIQUE

Enfin, il y a danger moindre que celui auquel on est exposé par l'emploi des hypno-anesthésiques, absence de vomissements pendant l'opération et après l'opération, absence de choc opératoire, et surtout atténuation et même disparition complète de la douleur post-opératoire. C'est là un phénomène d'autant plus remarquable que l'action analgésiante de la cocaïne, même lorsque l'injection est pratiquée avec des solutions à titre élevé, est une action absolument transitoire; et, cependant, cette action transitoire laisse toujours après elle une sorte de diminution de la réceptivité de l'individu pour la douleur, diminution qui a son importance à la suite des grandes opérations.

Chez les enfants, M. Reclus conseille de ne pas faire usage de la cocaïne, au-dessous de l'âge de dix ans, et de n'employer chez eux qu'une quantité de cocaïne atteignant au plus un centigramme. Il insiste sur ce fait, que je vous ai déjà signalé, de la tolérance très remarquable des enfants pour le chloroforme et, par conséquent, de l'utilité moindre d'avoir recours chez eux à une substance aneslhésique différente du chloroforme.

M. Reclus conclut de ses observations que la cocaïne est le meilleur des analgésiques si l'on réussit à localiser strictement son action, à assurer son élimination. Son élimination peut être assurée lorsque l'état général de l'individu est bon, le rein et le foie possédant leur valeur dépurative normale, et, d'autre part, au moyen du procédé de Kummer, que je vous indiquais tout à l'heure.

Si ces conditions ne sont pas remplies, au lieu d'avoir des phénomènes d'analgésie localisée , on s'expose naturellement à tous les accidents de l'empoisonnement général que nous allons bientôt apprendre à connaître.

Il y a, cependant, un certain nombre de contre-indications à l'emploi du chlorhydrate de cocaïne; et ces contre-indications sont d'autant plus importantes à mettre en lumière qu'elles ont été spécifiées, précisément, par celui des chirurgiens actuels qui se sert le mieux de la solution de cocaïne. Tout d'abord, une contre-indication qui n'est pas due à Reclus, celle-là, mais que je crois cependant bon de vous signaler, c'est celle qui a été mise en avant par une commission de l'Académie de médecine, qui s'est occupée, en 1891, d'étudier les conditions dans lesquelles devait se pratiquer l'analgésie par la cocaïne. Cette contre-indication est relative à l'état névropathique

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