‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 30 sur 406 · EMPLOI DES MEDICAMENTS · texte numérisé non relu

EMPLOI DES MEDICAMENTS

d'amener, comme eux, les accidents qui sont presque inséparables, dans une mesure restreinte fort heureusement, de l'emploi de ces hypno-anes thésiques .

Dans cette même voie, Velpeau, Follin, Natalis Guillot, Verneuil, Richet, M. TUlaux lui-même, ont eu des succès opératoires qui sont rapportés dans différents recueils et qui montrent bien que si l'on ne possédait pas actuellement les hypno-anesthésiques que nous allons avoir à étudier, on serait encore bien heureux, dans la circonstance, de pouvoir recourir à l'emploi de ces méthodes, quelque arriérées qu'elles puissent paraître au premier abord. À défaut de substances hypno-anesthésiques médicamenteuses, le somnambulisme artificiel, la suggestion, habilement mis en œuvre, pourrdent toujours rendre de très grands services.

A côté de ces procédés qui rentrent aujourd'hui dans le côté purement historique de la question, on avait cherché à amener l'insensibilité chez les individus au moyen de l'emploi d'un certain nombre de drogues, et surtout de drogues narcotiques.

A ce point de vue les faits qu'on peut récoller dans le passé sont des plus intéressants à beaucoup d'égards; d'abord parce qu'ils vont nous mettre à même de voir de quelle façon les hypnotiques et les analgésiques se sont peu à peu introduits dans la pratique médicale, et ensuite parce qu'ils vont nous montrer que, bien certainement, nos ancêtres connaissaient des modes de préparation de ces substances qui nous sont inconnus maintenant et qui permettaient à ces préparations de manifester des propriétés plus énergiques, au point de vue thérapeutique et toxique, que celles que nous leur connaissons actuellement.

D'érudits chercheurs se sont livrés, au sujet de la nature du Népenthès, de l'Odyssée, à des dissertations curieuses, mais, en définitive, sans grand intérêt, en raison de leur peu de certitude. Les uns en font une préparation de chanvre indien, les autres une préparation d'opium. Peu importe; ce qui paraît plus probable, c'est que les femmes de Thèbes savaient préparer, au moyen du suc des pavots, un breuvage qui constituait un souverain remède contre la colère et la tristesse : ce serait même, a-t-on assuré, l'origine de l'appellation d'extrait thébaïque donné à l'extrait d'opium. Il est plus certain encore que les Juifs donnaient un breuvage narcotique aux condamnés à mort pour diminuer leurs souffrances. Malheureuse-

Page 1