DÉTAILS DE TECHNIQUE
moins riches en principes salins. Il y aurait, dans ces différents cas, seulement obtusion de la sensation douloureuse, et non pas analgésie vraie comme avec la cocaïne et les autres analgésiques véritables.
Ça n'est que par la mise en œuvre répétée de la méthode de Schleich, et avec le temps, que l'exactitude de Tune ou l'autre de ces opinions contradictoires pourra être vérifiée. Jusqu'à preuve du contraire, je persisterai à ne pas considérer la méthode de Schleich comme un perfectionnement de celle de Reclus. D'ailleurs, comme je le disais précédemment, il est fort intéressant de voir ce que donnera, dans la pratique, la mise en œuvre comparée de ces trois méthodes : celle de Reclus, celle de Corning et Oberst et celle de Schleich.
Dans tous les cas, quel que soit le procédé qu'on emploie, il est un certain nombre de circonstances que je vous ai déjà indiquées chemin faisant, et sur lesquelles je reviens parce qu'elles synthétisent en quelque sorte le point délicat de toutes les méthodes. Ce sont les suivantes.
Il faut à chaque plan son injection propre pour que l'analgésie soit complète; une première injection est nécessaire pour le plan superficiel, la peau, le tissu cellulaire sous-cutané; il en faut une seconde pour le plan aponévrotique et sous-aponévrotique; une troisième est nécessaire pour le plan musculaire ; il en faut une quatrième pour les os, qui doit, celle-là, être poussée sous le périoste, entre l'os et sa membrane d'enveloppement. Et, accessoirement, on ne doit pas oublier les troncs nerveux qui devront être, au cours de l'opération, analgésies chacun pour leur compte lorsque leur volume sera assez considérable.
De plus, M. Reclus recommande — et il insiste sur ce point — Tingestion de petites quantités de boissons stimulantes : il donne soit des liqueurs alcooliques, soit du café à ses malades. Je vous rappelle la condition, absolue pour M. Reclus, de faire observer le décubitus dorsal pendant l'opération; non seulement le décubitus dorsal doit être conservé pendant l'opération, mais il doit l'être encore pendant un certain temps après, deux ou trois heures environ, si l'on veut éviter à coup sur des manifestations quelquefois tardives, qui ne sont pas des accidents à proprement parler, et qui mériteraient beaucoup mieux le nom d'incidents post-analgésiques.
RÉSULTATS DR L'ExMPLOI DE LA COCAÏNE 479
EqBu je répèle, parce que c'est là un point extrêmement important, qu'il faut employer des solutions fraîches de chlorhydrate de cocaïne, autant que possible préparées au moment même de s'en servir.
La méthode de Schleich a, naturellement, comme toutes les méthodes possibles, des parlisans fort enthousiastes; Tun des plus enthousiastes est certainement Mickulicz, qui a été jusqu'à dire que ce procédé d'anesthésie par infiltration est la seule forme d'analgésie locale capable de remplacer Thypno-anesthésie dans certaines limites déterminées. Je crois que c'est là une exagération, et que M. Reclus a montré largement par sa pratique que sa méthode vaut au moins celle de Schleich.
Mais, ces trois méthodes que je viens de vous indiquer sont en somme encore à leurs débuts; et elles permettent de concevoir Tespoir très légitime de voir probablement décroître dans une très large mesure Thypno-anesthésie pratiquée à Taide du chloroforme, de Téther ou des autres hypno-aneslhésiques généraux, et de permettre la réalisation de cet avantage que nombre de chirurgiens avaient déjà cherché à obtenir, je veux parler d'une certaine collaboration de l'individu opéré avec le chirurgion qui opère. Sans aller jusqu'à faire comme certains praticiens allemands, qui se sont servis du malade comme d'un aide véritable, il est incontestable qu'un individu qui peut obéir aux injonctions du chirurgien, se place dans telle situation qui facilite l'opération et aide, par cela même, à sa perfection et à sa réussite. Sous ce rapport, la pratique de l'analgésie localisée à laide de la cocaïne donnera certainement de meilleurs résultais que les procédés d'anesthésie mixte que je vous ai déjà décrits, comme celle réalisée par l'injection sous-cutanée de morphine et l'inhalation de chloroforme en quantité faible, procédés dans lesquels on cherche cependant à utiliser cette sorte de collaboration à laquelle je viens de faire allusion.
Je vous disais tout à l'heure que c'est dans la vingt-septième réunion de la Société Allemande de chirurgie que les détails que je vous ai donnés tant sur le procédé de Schleich que sur le procédé de Corning et Oberst avaient été surtout mis en évidence. C'est M. Gottstein, de Breslau, qui a insisté, en effet, sur l'application du procédé de Schleich aux grandes opérations et qui est venu apporter des chiffres tout à fait intéressants à ce sujet, chiffres qui appuient