‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 304 sur 406 · TITRES DES SOLUTIONS · texte numérisé non relu

TITRES DES SOLUTIONS

exemple, que la cocaïnisation accidentelle et involontaire des phréniques, lorsqu'on veut arriver à cocaïniser le pneumo-gastrique chez le chien, peut arriver à déterminer l'arrêt des contractions du diaphragme, d'où résulte Tarrèt des mouvements respiratoires, par suite de la cocaïnisation en masse, non seulement des vagues, mais encore des phréniques qui leur sont accolés. De plus, lorsqu'on ne réalise pas cette action de simple contact sur un tissu nerveux, on s'expose à l'absorption et aux accidents généraux qui peuvent résulter de cette absorption. Ce sont là précisément les inconvénients que je vous ai signalés et que Kummer (de Vienne) avait mis en évidence, à la suite de ce qu'il appelait les injections perdues, c'est-à-dire les injections faites dans des cas où l'analgésie n'était pas suivie d'une opération sanglante donnant issue, par le sang qui s'écoulait, à une quantité plus ou moins considérable de la solution de cocaïne introduite dans l'économie.

Enfin, il y a une solution de choix pour cette expérimentation physiologique, solution de choix dont le titre, naturellement, diffère dans une notable mesure de celui qui est nécessaire pour obtenir l'anesthésie en chirurgie humaine; cette solution de choix est au titre de 5 p. 100; c'est, comme vous le voyez, une de ces solutions de richesse extrême dont il faudrait se garder de faire usage dans la pratique habituelle. Quatre gouttes de cette solution équivalent à un centigramme de chlorhydrate de cocaïne. Les expériences de François-Franck ont montré qu'il fallait des quantités variables de cette solution de cocaïne pour déterminer chez un même animal, chez un chien de taille moyenne, par exemple, et en quelques secondes, la perte locale de Texcitabilité et de la conductibilité nerveuses par l'injection dans la gaine celluleuse. Ainsi, trois gouttes de cette solution sont suffisantes pour déterminer l'inhibition du vago-sympathique ; quatre gouttes sont nécessaires pour déterminer l'inhibition du sciatique; deux gouttes suffisent pour déterminer la disparition des propriétés fonctionnelles du récurrent, du laryngé supérieur, du phrénique; une goutte enfin suffit pour la corde du tympan, pour l'hypoglosse, pour les branches supérieures (iriennes et carotidiennes) du ganglion cervical supérieur, pour le nerf vertébral, etc.

Pour apprécier l'étendue de la zone insensibilisée par la cocaïne, M. François-Franck injectait dans la gaine celluleuse du nerf une solution de chlorhydrate colorée avec une substance douée d'un pou-

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voir colorant intense : cela permettait de localiser exactement les régions en contact direct avec la solution de cocaïne et d'acquérir une nolion approximative de Télendue de la zone imprégnée, toutes réserves faites pour une différence possible entre l'affinité des éléments nerveux, d'une part pour la matière colorante, d'autre part pour la cocaïne.

Comme vous le voyez, Messieurs, on se rapproche ici, quant aux résultats obtenus — je ne parle pas du titre des solutions, — des faits avec lesquels on s'est trouvé aux prises dans la chirurgie hunaaine; et les expériences de François-Franck à ce sujet sont importantes à prendre en considération, parce qu'elles ont certainement servi de guide aux observateurs qui ont préconisé l'anesthésie par la cocaïne. Elles leur ont permis d'établir le titre des solutions qui semblent maintenant définitivement fixées, et que nous avons passées en revue avant daborder l'étude du mécanisme de l'action analgésiante de la cocaïne.

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