XXI^ LEÇON
Action locale exercée par la cocaïne. - action physiologiauegénérale.— universalité d'action, rapports avec les h ypno-anesthésioues.
Nous avons vu, à la fin de notre dernière réunion, comment l'action exercée localement par les solutions de cocaïne sur les extrémités nerveuses terminales, aussi bien que sur les troncs nerveux, permet de se rendre compte de l'action analgésiante produite par cette substance. Nous n'avons pas absolument terminé cette étude, le temps nous ayant manqué, de sorte qu'il me reste encore quelques mots à vous dire à ce sujet avant d'aborder l'étude de l'action générale de la cocaïne.
Nous avons vu que les éléments nerveux étaient impressionnés d'une façon toute particulière, qu'au début il y avait une très légère phase d'excitabilité, à laquelle succédait bientôt une phase de dépression de plus en plus accentuée. En d'autres termes, si nous voulons faire œuvre de comparaison, regardons ce qui se passe à la suite de l'excitation d'un nerf normal, puis d'un nerf cocaïne. Sous l'influence de l'excitation d'un nerf normal — et ici j'entends un nerf mixte, comme le sciatique, par exemple — à l'aide d'un courant faradique, on voit se produire une dilatation de la pupille, un arrêt momentané du cœur et des mouvements respiratoires, une augmentation notable de la tension artérielle. Si l'on fait la même expérience sur un nerf préalablement cocaïne, on ne voit absolument rien de semblable; la zone qui a été cocaïnée est non seulement directement inexcitable, mais elle est absolument incapable de transmettre, n'importe dans quel sens, une excitation qui serait faite sur une partie située à quelque distance en dehors de cette zone cocaïnée; de sorte que, s'il s'agit d'un nerf centripète, d'un nerf sensitif, par exemple, les exci-