ACTION PARALYSANTE UNIVERSELLE
ment d'isoler, dans les centres, des trajets nerveux que les procédés actuellement usités pour l'étude de la physiologie, tels que la dégénération provoquée par des mutilations d'organes plus ou moins lointains, ne permettent pas, ou ne permettent d'isoler que très imparfaitement. La cocaïnisation locale des nerfs pourra peut-être encore servir à rechercher le trajet des nerfs sensibles dans certains organes, par exemple dans le cœur, les poumons, la trachée, les bronches, Testomac : je ne fais que vous citer ce point de vue tout à fait intéressant de l'application de la cocaïne à la solution de certaines questions délicates de physiologie.
Mais si le tissu nerveux, quel qu'il soit, éprouve de semblables effets de la part de la cocaïne, il n'est pas le seul, et je vous ai déjà ^it, lorsque nous avons voulu interpréter le mécanisme par lequel la cocaïne produit l'analgésie, que cette action paralysante était universelle, qu'elle s'exerçait sur tous les éléments quels qu'ils fussent. Si la dose de cocaïne est suffisamment faible, tous les éléments anatomiques quels qu'ils soient passeront par une période plus ou moins accentuée d'excitabilité, cette période étant elle-même en relation très étroite avec la faiblesse de la dose et, surtout, avec le degré de dilution de la solution de cocaïne; puis, peu à peu, à cette période d'excitabilité fera suite une période de dépression qui s'en ira décroissant graduellement jusqu'à zéro.
C'est là un effet qu'on peut vérifier par l'action simplement locale de la cocaïne sur tous les tissus possibles; c'est un fait qui peut déjà nous permettre d'interpréter l'action excitante accidentelle de la cocaïne, action excitante qui est presque la seule à se produire lorsque la cocaïne est diffusée dans tout l'organisme.
Et en effet, supposons une injection sous-cutanée ou intra-veineuse de cocaïne faite en solution très diluée, en quantité très faible, ou bien une ingestion stomacale en quantité un peu plus considérable chez un animal. Sous l'influence de l'absorption générale, une dose faible de cocaïne va se répartir dans tous les tissus, chacun d'eux en recevra une quantité extrêmement faible; et, si cette quantité est suffisante, à quoi assisterons-nous? A rien autre chose qu'à l'action excitante générale déterminée par la cocaïne. Comme nous allons le voir dans un moment, les éléments nerveux centraux sont particulièrement impressionnables à l'action de la cocaïne, ils sont les premiers impressionnés par elle; ce sont eux qui, d'abord, reçoivent son