PHASE D'AGITATION INTENSE AU DÉBUT
fonction de leur température, et nous verrons, plus tard, que la question de la température joue un rôle considérable dans la production des phénomènes toxiques déterminés par la cocaïne. La cocaïne n'est d'ailleurs pas la seule substance toxique pour laquelle rinfluence de la température se fasse ressentir de cette façon. Etant donnée la température qui règne actuellement, nous ferions des injections de strychnine à des grenouilles que, bien certainement, il nous faudrait employer des doses énormes pour que cela produisît des accidents, alors qu'en été ces accidents se manifestent constamment avec un cinquantième de milligramme de strychnine.
Cependant, chez les animaux à sang froid, toute question de température à part, on a remarqué que Texcitabilité sous Tinfluence de la cocaïne est extrêmement faible, qu'elle est même à peu près nulle. Ainsi, une grenouille s'agite pendant quelque temps, elle saute; puis cette excitation légère fait très rapidement place à une paralysie plus ou moins accentuée, plus ou moins considérable, et même, lorsque la saison s'y prête, lorsque la température normale est de 20° ou 25**, on voit survenir très rapidement une paralysie marquée qui, chez la grenouille, caractérise absolument l'action de la cocaïne. On peut constater aussi l'exagération des réflexes, exagération s'épuisant et se récupérant facilement, ce qui prouve Thyperexcitabilité de la moelle.
Chez les animaux à sang chaud, au contraire, et vous avez pu le voir par l'exemple de ces deux cobayes, c'est une agitation extrême qui caractérise la première période de l'absorption de la cocaïne : les animaux sont en proie à une impulsion motrice irrésistible, ils font des mouvements violents, continuels, ils sont comme affolés pendant des heures entières, se Uvrent à des courses prolongées autour de leur cage, à un exercice musculaire extrêmement violent. Si la dose est toxique, on voit survenir des accès convulsifs cloniques ou toniço-cloniques , des spasmes, des décharges tétaniques rappelant les etïets de l'intoxication strychnique; et ces manifestations, bien entendu^ sont en rapport avec la dose administrée, avec la masse de la substance toxique, la rapidité de la diffusion et le degré de dilution.