XXII^ LEÇON
VARIATIONS DE L'INTENSITÉ D'ACTION DE LA COCAÏNE AVEC LA TEMPÉRATURE CENTRALE ET LE DÉVELOPPE- MENT DU SYSTÈME NERVEUX. — ACTION SUR LES DIF- FÉRENTS APPAREILS.
La sensibilité à Taction de la cocaïne, chez les animaux à sang chaud, varie avec deux conditions, accessoires en apparence, mais qui sont extrêmement importantes. La première, c'est le degré de température centrale du sujet, la seconde, plus importante encore, est le développement du système nerveux central. Plus e^t élevé le degré de température normale, plus est parfait et compliqué le système nerveux de Tanimal auquel on injecte de la cocaïne, plus cet animal est sensible à son action toxique ; plus rapidement, par exemple, et plus énergiquement aussi, se produisent chez lui les accidents convulsifs. C'est ainsi qu'on peut observer la série décroissante suivante : Thomme est le plus sensible à Faction de la cocaïne; viennent ensuite, parmi les animaux à sang chaud, les primates, les canidés, les oiseaux, les équidés, les cavicornes, les rongeurs, enfin les vertébrés inférieurs : pour le pigeon, par exemple, il faut des doses quatre à cinq fois plus considérables que celles qui sont nécessaires chez le chien pour déterminer des accidents convulsifs.
Un fait remarquable consiste en ce que l'analgésie généralisée qu'on peut obtenir est d'autant plus marquée que l'action excitante observée est plus faible; c'est-à-dire que plus un mammifère sera sensible à la cocaïne au point de vue des convulsions, de l'excitation, moins l'analgésie généralisée sera considérable chez lui. Ainsi cetle analgésie généralisée est assez peu marquée chez le chien qui est beaucoup plus sensible que le lapin à Faction de la cocaïne ; elle est plus sensible chez le cobaye que chez le chien; elle Test davantage encore chez le lapin, encore plus chez la grenouille, qui, elle, comme vous