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ACTION SUR LB SYSTEME MUSCULAIRE

élémcnls anatomiques n'existe plus. Cette action diffusée esl donc tout aussi transitoire que l'action locale, et susceptible, comme elle» de disparaître rapidement par le simple éloignement de la substance active.

Chez rhomme, on peut constater qu'une dose de cocaïne de i décigramme, administrée par la voie buccale, détermine une augmentation d'énergie musculaire qui se traduit très facilement par l'enregistrement du travail des fléchisseurs d'un doigt, au moyen de l'ergographe de Mosso.

Cet effet renforçant sur les muscles apparaît bien plus nettement sur les muscles fatigués ou bien après une période de jeûne. Ce sont précisément des observations de ce genre qui avaient amené à utiliser la cocaïne comme stimulant général du système nerveux. J'aurai à revenir sur ce point dans un moment, lorsque je vous parlerai de l'action de la cocaïne sur la nutrition en général.

Mais cette amélioration, si l'on peut dire ainsi, des muscles épuisés par la fatigue ou par l'absence de réfection, est absolument temporaire et ce n'est d'ailleurs pas là un caractère particulier à la cocaïne. Nous avons vu Tannée dernière, quand nous avons étudié la caféine, qui se rapproche beaucoup de la cocaïne sur ce point, que l'augmentation d'énergie qu'on pouvait obtenir, le coup de fouet musculaire déterminé par l'emploi de ces substances, constituaient une excitation tout à fait temporaire, dont la durée était d'autant plus courte que la fatigue musculaire ou l'insuffisance de nutrition des muscles était plus considérable *.

Enfin, un symptôme qu'on observe presque toujours quand Faction toxique de la cocaïne a été suffisamment intense consiste dans une certaine maladresse musculaire par persistance de l'obtusion de la sensibilité tactile, lorsque les muscles ont été influencés pendant un temps assez considérable.

La cocaïne exerce également une action excitante sur les sécrétions. Elles sont d'abord augmentées pendant la phase d'excitation, puis elles sont ensuite diminuées. En dehors du ptyalisme qui est un phénomène en quelque sorte banal des accidents d'intoxication par la cocaïne, ptyalisme suivi d'une diminution dans la sécrétion des diverses glandes salivaires et d'une sécheresse accentuée de la

1. Action i»e i.a cai-kim: t.r i»es cafkiqueî^ sur la nutrition. Leçons piibliêfs «liin!; I»' lUiUptin (/ênf^ral fie (herapeuthjue, t. nXXXV, p. 753 el 833 (1898).

bouche, il faut signaler des mictions fréquentes à la suite d'empoisonnement, et quelquefois une polyurie qu'on a vue persister pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines. C'est là le cas le plus remarquable de l'augmentation notable des sécrétions sous l'influence de la cocaïne.

Mais il est une glande sur laquelle la cocaïne parait exercer une action particulière, et elle est importante à considérer, non sei:lement au point de vue de l'action physiologique de la cocaïne, mais encore, dans une certaine mesure, au point de vue de l'utilisation médicolégale de cette action : je veux parler du foie.

Le foie, comme vous le savez, exerce vis-à-vis de toutes les substances toxiques une action qu'on peut dire préservatrice, antitoxique dans tous les cas, et qui résulte de ce fait que les cellules hépatiques emmagasinent la substance étrangère à la composition chimique de l'organisme, modifient dans une certaine mesure la constitution moléculaire de cette substance toxique et, par conséquent, réduisent, dans une mesure proportionnelle, la quantité de substance toxique qui pourra impressionner ensuite les différents organes de l'économie.

Eh bien, en ce qui concerne la cocaïne, cette modification que les cellules hépatiques font subir à l'alcaloïde dans le parenchyme hépatique s'accompagne de modifications dans leur structure histologique, très bien mises en évidence dans ces dernières années par Ehrlich, qui a fait des recherches fort intéressantes à ce sujet et montré que cette altération consiste en une dégénérescence vacuolaire des cellules hépatiques. A. l'examen microscopique, on voit ces cellules énormément augmentées de volume, leur protoplasnaa est raréfié et refoulé autour du noyau, qui est lui-même atrophié; et, en même temps, on constate la disparition plus ou moins complète du glycogène. D'autre part, on a relevé encore la dégénérescence graisseuse de quelques cellules hépatiques et des cellules des voies biliaires et sanguines. Lorsque l'animal succombe à une intoxication relativement lente par la cocaïne, le foie est considérablement hypertrophié, de coloration pâle, anémique, et on observe sur certains points de la coupe des taches de congestion et des foyers de nécrose. C'est surtout au niveau de ces régions que Ehrlich a pu observer les alliérations du parenchyme que je vous signalais tout à l'heure.

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