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DOSES PHYSIOLOGIQUES ET DOSES TOXIQUES

prédominance médullaire. En effet, je n'ai qu'à vous rappeler quelques-uns des phénomènes que nous avons déjà passés en revue, action exercée par la cocaïne sur Tencéphale, sur le bulbe, sur la moelle, sur le sympathique, pour que cette assertion soit absolument prouvée.

Sur le sympathique, par exemple, la propulsion en avant des globes oculaires, la mydriase, Tagrandissement des paupières se produisent exactement comme sous Tinfluence de la faradisation du bout supérieur du cordon cervical sympathique. L'accélération cardiaque et rélévation de la pression sanguine, succédant au ralentissement et à l'abaissement primitifs, lorsqu'ils se produisent sous l'influence de très faibles doses, constituent encore des phénomènes dépendant de l'action excitante déterminée par la cocaïne sur le sympathique : c'est, en effet, à la première impression excercée sur la surface de l'endocarde qu'il faut rapporter le ralentissement et l'abaissement passagers, comme l'ont montré les recherches de Vulpian. Chez le lapin, on observe une anémie constante des vaisseaux auriculaires.

En ce qui concerne la moelle, la fréquence excessive des contractions cardiaques, l'hyper-excitabilité réflexe sont des preuves absolument convaincantes de l'action excitante des petites doses.

Sous la dépendance du bulbe, nous avons les modifications du rythme respiratoire et les modifications des vaso-moteurs.

Enfin, en ce qui concerne l'encéphale, les impulsions motrices irrésistibles, impulsions qui arrivent même jusqu'aux convulsions quand la dose est suffisante, les phénomènes d'ivresse, sont plutôt des manifestations toxiques.

J'ajoute que l'action sur l'encéphale est beaucoup plus intense chez l'homme que chez les autres animaux; et, comme nous le verrons tout à l'heure, cette action est proportionnelle à la quantité de substance nerveuse encéphalique que possède l'animal sur lequel agit la cocaïne.

A dose toxique — et nous verrons tout à Theure ce qu'il faut entendre, ou du moins nous essayerons de déterminer ce qu'il faut entendre par ces mots dose toxique et dose physiologique, — à dose toxique, ce sont des convulsions, d'abord toniques puis rapidement cloniques, qui apparaissent; et il faut nous souvenir ici d'un fait important, c'est que la dose convulsivanle n'est pas toujours la

ACTION CONVULSIVANTR EXAGEHEK PAR LA MORPHINE 527

dose mortelle; elle est souvent une dose mortelle, mais elle n'est pas toujours fatalement la dose mortelle.

Ces convulsions peuvent être arrêtées dans un certain nombre de circonstances. Lorsqu'on vient, par exemple, à pratiquer la section de la moelle chez un animal cocaïnisé et en cours de convulsions, on arrête immédiatement ces convulsions. Elles ne peuvent donc pas être attribuées à une excitation directe de la moelle. Elles ont été attribuées par certains physiologistes à une excitation des zones motrices de Tencéphale ; par d'autres à une excitation de la zone bulbo-protubérantielle — et je crois avec beaucoup plus de raison, car, à la période convulsive, Texcitabilité de Técorce cérébrale est diminuée, — ce qui expliquerait beaucoup plus facilement l'ensemble des phénomènes toxiques qu'on peut observer sous l'influence de la cocaïne.

L'atropine, le chloral, le chloroforme sont également capables, dans une certaine mesure et à un certain moment, d'arrêter ces secousses convulsives; mais la morphine les exalte, ou les fait apparaître à dose moindre.

Vous avez vu cet animal auquel nous avons injecté, au commencement de notre réunion, i centigramme de chlorhydrate de cocaïne, dose bien insuffisante pour déterminer chez lui des accidents convulsifs; nous allons maintenant lui injecter une solution de 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine, et vous allez voir qu'au bout de peu de temps les convulsions cocaïniques, qui ne s'étaient pas produites, par suite de Tinsuffisance de la dose de cocaïne, vont être déterminées par l'inQuence ultérieure de la morphine qu'on lui injecte en ce moment. Il y a d'ailleurs un fait qui est connu depuis un certain temps, et qui concorde avec cette observation, c'est que les morphinomanes peuvent, impunément, absorber des quantités assez considérables de cocaïne, et cela par suite de la dépression de l'excitabilité de leurs cellules cérébrales sous l'influence de la morphine. On pourrait renverser la proposition si l'individu était un cocaïnomane et qu'il absorbât ensuite de la morphine à une période avancée de son intoxication cocaïnique : la dépression des cellules cérébrales par la cocaïne nécessiterait, pour qu'elles fussent impressionnées, l'absorption d'une forte quantité de morphine.

Messieurs, j'insistais, il y a un moment, sur l'influence de la température relativement à l'action des convulsions, et je vous disais que

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