ACTION CONVULSIVANTE ET TEMPERATURE
la dose convulsivante varie avec la température centrale de ranimai, qu'elle est d'autant plus faible que la température est plus élevée. MM. Richet et Langlois, qui ont observé les premiers ce phénomène, pensaient qu'il se faisait une sorte de combinaison chimique entre la cellule vivante et la cocaïne qui aurait diffusé du sang dans les tissus, que cette combinaison s'effectuait seulement à une température déterminée et qu'elle était plus ou moins complète suivant cette température. C'est une explication certainement, mais cette interprétation est un peu difficile à accepter; et, en somme, elle est contredite par une expérience facile à répéter; c'est la suivante :
Si l'on vient à échauffer des grenouilles en les mettant dans de l'eau à 30**, par exemple, on voit qu'elles ont très difficilement des convulsions : je ne vais pas jusqu'à dire qu'elles n'en ont pas d'une façon absolue, mais c'est tout à fait l'exception de voir des convulsions éclater chez elles, même après un temps assez long de séjour dans cette eau chauffée à SO**.
D^un autre côté, si l'on vient à refroidir des chiens à 28^, on observe encore chez eux des convulsions, très atténuées, c'est vrai, mais dont le caractère convulsif, le caractère spasmodique est absolument net, absolument précis.
Par conséquent ces deux expériences sont loin de venir à l'appui de cette interprétation de MM. Richet et Langlois.
Là où je crois que leur interprétation est beaucoup plus exacte, c'est en ce qui regarde les relations existant entre la dose convulsivante et la masse cérébrale. Cette fois leurs recherches sont absolument nettes, absolument précises, et ont été couronnées de succès quant à l'expérience.
La cocaïne, vous ai-je dit à plusieurs reprises, est à peine convulsivante, on pourrait même dire pas du tout convulsivante pour les animaux à sang froid. Mais, à dose de substance active proportionnellement la même par rapport au poids, on observe que, chez les animaux de même espèce, l'animal à poids moindre est toujours le plus sensible à l'action de la cocaïne. En d'autres termes, la dose de cocaïne nécessaire pour produire une action convulsivante est d'autant plus petite que la masse cérébrale est proportionnellement plus grande chez l'animal, peut-être même chez l'individu. La dose mortelle suit de très près cette proportion.