INTOXICATION LÉGÈRE
tante qui pourrait avoir une répercussion plus tard sur les vaso-consiricteurs, soit directement, soit indirectement, et venir en aide, par conséquent, à l'action de la cocaïne contre laquelle on cherche à lutter.
Comme démonstration de cette action sur la moelle nous avons une autre preuve dans ce fait de l'excitation de la moelle cervico-dorsale dans laquelle le sympathique prend l'origine de ses fibres cardiaques. Je vous ai dit que l'accélération des contractions cardiaques était considérable sous l'influence de la cocaïne ; on peut, même dans les cas d*accidents très légers, voirie nombre des contractions cardiaques atteindre 130, 150 et même 180 par minute. D'abord, se produit l'abaissement de pression dont je vous ai parlé tout à l'heure; puis, très rapidement, l'augmentation de pression si considérable qui caractérise l'action de la cocaïne; et, suivant les lois de Marey, leâ battements du cœur perdent en force ce qu'ils gagnent en vitesse, c'est-à-dire qu'en même temps que cette accélération notable, on constate un pouls petit, filiforme, fuyant sous le doigt.
C'est encore par suite de l'excitation du sympathique que l'on peut voir se produire des contractions de certains organes à muscles lisses, par exemple la dilatation de la pupille : les vomissements qui arrivent quelquefois à cette période, la diarrhée, ne sont pas autre chose encore que des phénomènes traduisant, d'une façon secondaire, cette excitation.
D'autres fois, on peut, dans des cas d'accidents légers, observer la localisation des accidents à la région bulbaire, et alors c'est seulement la respiration qui sera accélérée par suite de l'excitation directe des origines du pneumogastrique. Les mouvements respiratoires seront d'abord précipités, petits, superficiels; puis ils se ralentiront progressivement par épuisement nerveux. Ce phénomène durera un temps plus ou moins considérable, suivant la réceptivité de la cellule nerveuse de l'individu sur lequel s'exercera cotte action de la cocaïne .
Enfin, d'autres fois, ces accidents légers peuvent être localisés à l'encéphale et se traduire par une série de phénomènes psychiques qui sont, de beaucoup, ceux qu'on observe le plus fréquemment chez les individus chez lesquels on a des alertes lorsqu'on se sert de la cocaïne à titre de substance analgésiante : ce sont l'attendrissement, la fureur, lexaltation des facultés intellectuelles, surtout la loquacité