INTENSITÉ D'ACTION EN RAPPORT AVEC L'ACTIVITÉ BIOLOGIQUE
vite chimique de la vie des cellules est grande, moins la cellule est vivante, ou, si vous voulez, moins elle est à son summum d'activité biologique, plus l'action analgésiante ou anesthésiante de la cocaïne s'observera et moins sera dangereuse l'action toxique. L'action toxique est d'autant plus marquée que l'activité vitale de la cellule est plus intense; et c'est précisément pour cela que nous voyons cette action toxique de la cocaïne s'exercer au minimum chez les êtres inférieurs, ou même, toute proportion de dose conservée, chez les animaux à sang froid, chez lesquels les réactions physico-chimiques sont infiniment moins intenses que chez les animaux à sang chaud.
C'est là un fait qu'il est assez intéressant de rapprocher de ceux que nous avons vus se développer sous Tinfluence de l'action des hypno-anesthésiques.
Il y a, toutefois, une remarque à faire encore à ce sujet, c'est que l'action de la cocaïne n'est plus seulement suspensive, mais devient complètement destructive quand elle s'exerce, à dose suffisante, sur les organismes inférieurs. Je dirais volontiers que la cellule dont les réactions physico-chimiques — le coefficient biologique — sont intenses, se défend mieux. Il faut aussi compter avec les courants osmotiques ou circulatoires qui entraînent la cocaïne et font cesser l'imprégnation.
XXIIP LEÇON
DOSES THÉRAPEUTIQUES ET TOXIQUES. — ACCIDENTS D'INTOXICATION. — COCAÏ NOM ANi E. — PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DE LA COCAÏNE. — CONSTITUTION, SYN- THÈSE. — MATIÈRE MÉDICALE.
Nous allons terminer aujourd'hui l'étude de la cocaïne en nous altacUant surtout aux conditions dans lesquelles ses eCTels toxiques peuvent se produire chez l'homme.
El d'abord une première question se pose, c'est celle de la délermiualiun des doses thérapeutiques et des doses toxiques.
Il est, comme toujours et plus peut-être dans le cas de la cocaïne qu'avec une foule d'autres substances, impossible de fixer une limite précise. Il y a une variabilité considérable dans les effets suivant le mode d'introduction, suivant le degré de dilution, suivant la susceptibilité individuelle. Vous savez, d'ailleurs, et cela pourrait être répété à propos de chacun des médicaments actifs, combien c'est une chose relative que la fixation de cette dose, soit thérapeutique, soit toxique, lorsqu'il s'agit d'un agent activement médicamenteux; et surtout quand cet agent exerce son action principale sur le système nerveux^ cet élément si variable dans son impressionnabilité, dans ses modes de réaction, et cela, non seulement chez des sujets différents, mais cliez un même sujet à diverses périodes de son état physiologique.
II on résulte que les chiffres que nous allons fixer, comme représeiitanL les effets thérapeutiques ou toxiques qu'on peut obtenir avec le chlorhydrate de cocaïne, ne seront que des chiffres moyens, et toutes réserves faites pour les cas particuliers de susceptibilité individuelle, qui sont très nombreux dans ces circonstances.
Lorsijue le chlorhydrate de cocaïne est introduit par la voie gas- Irique, une dose de 10 centigrammes, en dissolution, est une dose