RECHERCHE MEDICO-LEGALE
Le sang et la substance nerveuse peuvent en renfermer, seulement en petite quantité, à partir d'une certaine dose, c'est-à-dire à partir de ces doses qui, incontestablement, sont aptes à déterminer les phénomènes toxiques.
La décomposition facile de la cocaïne sous Tinfluence d'un certain nombre de conditions, rend compte précisément de cette impossibilité de sa localisation dans l'organisme. La cellule vivante, comme je vous l'ai déjà dit, est celle qui amène le plus facilement ces décompositions; de telle sorte que plus un organisme aura un coefficient biologique élevé, si Ton peut se servir de cette expression, c'està-dire plus les phénomènes physico-chimiques dont il est le siège seront actifs, plus facile sera la décomposition de la cocaïne qu'on y introduira.
Ces faits rendent extrêmement difRcile la recherche de la cocaïne au point de vue médico-légal. Si l'on n'a pas eu à s'occuper jusqu'ici d'empoisonnements criminels par la cocaïne — le fait peut se présenter d'un moment à l'autre, — assez fréquemment les médecins légistes ont été interrogés, ont été mis en cause, relativement à des intoxications accidentelles causées par la cocaïne. A ce point de vue, on est véritablement bien désarmé; car, d'une part, les réactions chimiques de la cocaïne sont absolument banales et des plus difficiles à interpréter exactement; et, d'autre part, ainsi qu'il résulte de Tétude physiologique que nous en avons faite, les phénomènes déterminés par la cocaïne sur l'organisme de l'animal ne sont pas tellement nets, tellement précis, tellement différenciés de ceux d'autres substances toxiques qu'on puisse trouver dans les réactions manifestées par cet organisme une preuve suffisamment caractéristique et irréfutable de Texistence de la cocaïne, comme celle, par exemple, qui peut résulter de l'action tétanisante exercée par la strychnine sur l'organisme des grenouilles.
Les réactions chimiques de la cocaïne sont à peu près nulles, vous disais-je; en effet, il y en a trois qui sont invoquées comme caractéristiques de la cocaïne; la première, que Ton va répéter devant vous, consiste dans la formation d'un précipité violet que détermine, dans une solution de chlorhydrate de cocaïne, l'addition de quelques gouttes d'une solution de permanganate de potasse : ce précipité est assez rare parmi les alcaloïdes, et il n'y a guère, je crois, jusqu'ici tout au moins, que l'aconitine qui, dans les mêmes conditions.