HOMOLOGUES DE LA COCAÏNE
ces différentes bases sont très différentes les unes des autres : tandis que la cocaïne présente des propriétés éminemment utilisables en thérapeutique, les autres alcaloïdes, ses homologues, ou bien sont dénués de propriétés analgésiques, ou constituent des poisons du cœur extrêmement violents; il y a donc intérêt à éliminer ces substances, qui sont plutôt des substances exclusivement toxiques, sans intérêt thérapeutique, et à conserver la cocaïne, seule douée de propriétés analgésiques intéressantes.
Eh bien, il est possible, en partant de Tocgonine, de revenir à la cocaïne par une série de transformations chimiques; et c'est là ce qui fait précisément l'intérêt des travaux des chimistes dont je vous citais les noms tout à l'heure. Il est en effet beaucoup plus simple, puisque les différentes cocaïnes et homologues sont si facilement décomposables, de les dédoubler tout de suite, de se procurer ainsi l'ecgonine; puis, à l'aide de cette ecgonine, de reconstituer synthétiquement une cocaïne qui sera alors absolument pure. Et en effet, par des procédés chimiques maintenant assez simples, il est relativement facile de combiner à la molécule de l'ecgonine le radical benzoyl, puis, quand on a obtenu la benzoylecgonine, qui est un terme de passage, de la méthyler pour en faire l'éther méthylique de la benzoylecgonine qui n'est autre chose que la cocaïne. 11 résulte de ces expériences que Ton pourra utiliser à la préparation de l'ecgonine les feuilles de toutes les variétés de coca, et retransformer cette ecgonine en une cocaïne parfaitement pure qui présentera le maximum d'effet utile au point de vue de son emploi thérapeutique.
Je vous parlais tout à l'heure de deux autres substances qui ont été isolées, la première par Lossen, la seconde par Giesel. L'hygrine, signalée par Lossen, est tin mélange d'alcaloïdes oxygénés dont Tun a pour formule C"H"AzO, qui en fait un isomère delà base tropine; il forme la majeure partie du mélange; Tautre est un dérivé beaucoup plus complexe auquel Lîebermann a attribué la formule C**H"Az*0. Ces deux produits existent en faible quantité dans les feuilles de coca et n'ont aucun intérêt, jusqu'ici tout au moins, en thérapeutique.
Il en est autrement de la tropacocaïne ou benzoylpseudotropéîne découverte et étudiée par Giesel. La différence qu'il y a entre la tropacocaïne et la cocaïne vraie est celle-ci : tandis que la cocaïne vraie résulte de l'union du radical benzoyl à l'ecgonine, puis delà méthylation de la benzoylecgonine ainsi obtenue, la tropacocaïne résulte