‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 35 sur 406 · EXPERIENCES COMPARATIVES · texte numérisé non relu

EXPERIENCES COMPARATIVES

lité des résultats obtenus est certainement suffisante pour faire absolument rejeter cette pratique.

D'ailleurs, d'expériences faites par Longet il résulte que jamais la sensibilité n'est complètement abolie chez les animaux, même lorsqu'on arrive à leur administrer des quantités d'alcool suffisantes pour déterminer chez eux des accidents mortels. Il est vrai qu'Orfila, Auguste Duméril et Demarquay, Perrin et Lallemand, ont assuré que la sensibilité était, au contraire, absolument abolie non seulement dans les cordons nerveux, mais jusque dans les faisceaux postérieurs de la moelle chez les animaux.

Quoi qu'il en soit, nous ne devons voir là dedans qu'une démonstration de l'infidélité des résultats; et il y a lieu de tenir compte encore de l'idiosyncrasie qui se manifeste à un haut degré chez les individus en cours d'intoxication par l'alcool, les uns étant plus ou moins atteints que d'autres : l'action varie suivant la façon dont chaque individu réagit contre ces intoxications alcooliques.

D'ailleurs, à tout prendre, l'expérience va nous montrer qu'il n'est pas possible d'établir un parallèle entre l'intoxication par l'alcool ou par les narcotiques et l'anesthésie vraie; et nous aurons l'occasion de le constater encore à plusieurs reprises au cours de l'étude des substances que nous allons faire. Vous verrez par exemple que si nous mettons en parallèle l'action exercée par de l'extrait d'opium, de la belladone, de l'alcool, de l'éther, du chloroforme sur une même espèce animale, nous aurons des résultats absolument différents. Tandis qu'avec l'éther et le chloroforme, nous verrons l'animal en proie à un sommeil profond, absolu, insensible à toute excitation douloureuse, ayant les membres parfaitement dociles, parfaitement souples, et se trouvant dans un état d'inertie et de résolution musculaire complète; tandis que chez les animaux ainsi anesthésiés le retour à la sensibilité s'obtiendra d'une façon relativement rapide et avec une disparition complète de tous les symptômes de la première période; nous verrons, au contraire, que les animaux soumis à l'influence des narcotiques seront dans un état de stupeur plus ou moins considérable, et que, pendant cette stupeur même, il persistera des traces de sensibilité : mais chez ces derniers, nous verrons surtout les suites de l'empoisonnement être plus ou moins durables ; alors que ce qu'on demande aux hypno-anesthésiques c'est de mettre le sujet, d'une façon absolument passagère, dans un état d'insensibilité.

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