‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 358 sur 406 · XXV^ LEÇON · texte numérisé non relu

XXV^ LEÇON

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES HYPNOTIQUES. - CHLORAL. — PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES. — INTERPRÉTATIONS DE SON MODE D'ACTION.

L'élude des hypnotiques que nous allons commencer aujourd'hui doit s'appuyer, pour pouvoir l'interpréter au point de vue de leur action pharmacodynamique, sur la connaissance du sommeil physiologique. Je n'ai pas à revenir sur les renseignements et détails que je vous ai fournis à ce sujet à propos des hypno-anesthésiques en général ' ; je me bornerai à vous rappeler seulement, parce que c'est important au sujet de la façon dont nous allons pouvoir interpréter l'action de certaines substances hypnotiques, qu'on a décrit dans ces dernières années une région particulière des hémisphères cérébraux dans laquelle sont exclusivement conflnées les lésions qu'on peut rencontrer dans le cas du sommeil pathologique, lorsque ce sommeil pathologique est terminé par la mort.

Wernicke, qui parait être le premier auteur qui se soit occupé de cette question, a décrit sous le nom de polyencéphalite aiguë supérieure cette aflection du sommeil pathologique qui se termine par la mort, et il a très bien défini les régions dans lesquelles les lésions dont je parle étaient localisées. De plus, dans les formes curables de ces maladies du sommeil, maladie de Gerlier, sommeil hystérique ou alcoolique, on a observé constamment une paralysie des muscles oculaires et, par conséquent, il y a lieu de comprendre dans ces centres la région d'origine des nerfs intéressant les mouvements de l'œil.

Comme vous le savez, nous en sommes arrivés à cette conclusion, à propos de la façon dont on pouvait interpréter physiologiquement le

i. Voir pages ili à 134.

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SOMMEIL REPARATEUR 597

sommeil, qu'au moment même où le sommeil s'établissait, la conductibilité sensitive était interrompue entre la périphérie et les centres corticaux, qu'il y avait également une interruption analogue entre Fécorce et les muscles. C*est ce que montre la perte complète d'in* fluence de la volonté sur les mouvements, bien évidente dans les rêves» Vous savez, en efiFet, que, quel que soit le degré d'anxiété dans lequel un rêve plonge un individu, les mouvements qu'il voudrait exécuter ne parviennent pas à se produire, malgré tous les efforts conscients du dormeur; parfois même l'anxiété est telle qu'elle amène le réveil, sans que les mouvements aient pu s'accomplir avant ce moment.

Cependant cette résistance au passage, que je comparais, au moment où je vous ai retracé la théorie histologique, à la résistance d'un fil au passage d'un courant électrique, cette résistance peut être vaincue par certaines excitations énergiques. C'est ainsi qu'une sensation vive (terreur, émotions, préoccupations), un acte cérébral intense, peuvent déterminer le réveil de l'individu. Quant à l'activité cérébrale et à l'activité des sens, elles ne sont pas supprimées complètement pendant le sommeil, et nous en avons la preuve dans la persistance des réflexes.

Vous vous souvenez que nous avons adopté, pour expliquer la nature du sommeil, cette définition, qui parait adoptée généralement maintenant : c'est le repos exigé par le travail de la vie de relation. Le sommeil doit, en effet, servir à réparer les dépenses; c'est, comme on l'a dit fort exactement, une occasion d'économie, de reconstitution des réserves, pendant la durée duquel les recettes plastiques s'accumulent, s'accroissent, par suite de l'abaissement de la consommation respiratoire. En même temps, c'est, au point de vue de la rénovation physiologique du tissu nerveux, l'acte le plus important au point de vue de la reconstitution de l'énergie de ce tissu. Pendant la convalescence le sommeil est, en effet, l'un des moyens les plus actifs de réparer les déperditions.

La clinique apprend également que, chez les individus nerveux et impressionnables, qui dépensent davantage et réparent moins vite, le sommeil est impérieusement nécessaire; la substance nerveuse condense moins bien la force et il leur faut, par conséquent, une durée de réparation plus longue qu'à un individu normal. Chez les travailleurs cérébraux également, le sommeil est le plus puissant

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