ORIGINES DE L'INSOMNIE
tives. Dans tous ces cas, il est possible de modifier Tétat de Tindividu; les causes sont accidentelles, passagères, et on peut y remédier, d'une façon relativement facile, par l'emploi de différents hypnotiques.
Il en est autrement lorsque la cause de Tinsomnie est d'origine centrale, c'est-à-dire lorsque l'absence de sommeil est due à un surmenage cérébral créant une hyperexcitabilité particulière : le travail nocturne, les émotions, les préoccupations, les chagrins doivent tenir le premier rang; et, très souvent, comme vous le savez, cette absence de sommeil, contre laquelle les médicaments hypnotiques ne peuvent lutter, n'est rien autre chose qu'un trouble précurseur de l'aliénation mentale.
Enfin, chez les neurasthéniques , on observe également cette absence de sommeil; et elle peut provenir encore d'un certain nombre d'autres circonstances qui ont été englobées, surtout par les auteurs anglais, sous la dénomination de faiblesse irritable du système nerveux. L'alcoolisme, la paralysie générale, le ramollissement cérébral, les tumeurs et autres maladies à lésions siégeant dans les hémisphères cérébraux, peuvent être également l'occasion d'une absence complète de sommeil.
Enfin, il faut tenir compte aussi de ce qu'on a appelé l'insomnie dyscrasique, c'est-à-dire provoquée par le transport de substances étrangères au cerveau par Tintermédiaire de la circulation. Nous avons des exemples de substances de ce genre dans le café, dans le thé, dans Talcool, qui déterminent le maintien de Tétat de veille, par suite précisément de l'état d'hyperexcitabilité des cellules nerveuses qui se manifeste sous Pinfluence de ces substances médicamenteuses.
A propos des hypno-anesthésiques, je vous ai cité la théorie de Léo Errera qui voulait que le sommeil naturel fût une conséquence de l'accumulation dans l'économie des ptomaïnes qui se produisent au cours de la veille, s'appuyant pour cela sur les expériences de M. Bouchard, d'où il résulte que les urines de la veille sont narcosantes, tandis que les urines du sommeil sont, au contraire, convulsivantes. Jusqu'à un certain point, celte interprétation est parfaitement admissible, elle n'a rien que de très normal, étant donné ce que nous savons actuellement. C'est également à cette insomnie dyscrasique qu*il faut rattacher les insomnies toxiques, dues aux maladies infectieuses, aux troubles digestifs; ce sont là des circonstances dans