CLASSIFICATION DES HYPNOTIQUES
plus exactement, on voit alors se manifester Faction subtoxique ou même franchement toxique de la substance en question. Pour ce groupe, deux divisions toutes naturelles s'imposent en quelque sorte. La première comprendrait les hypnagogues cérébraux, ceux qui diminuent l'activité des fonctions intellectuelles, qui produisent le repos de lëcorce cérébrale : le chloral serait le type de ces médicaments ; et à côté de lui, dans une certaine mesure toutefois, on pourrait placer les alcaloïdes des solanées, ou, d'une façon générale, les tropéines. Le deuxième groupe serait constitué par les hypnagogues anesthésiants, c'est-à-dire par les médicaments du genre de l'opium, du chanvre indien, etc. (type morphine, cannabine).
Enfin, une troisième catégorie pourrait comprendre les agents diminuant Texcitabilité de tout le système nerveux central, c'est-à-dire des agents qui agiraient, tout à la fois, et comme hypnotiques directs et comme hypnotiques indirects. Mais l'étendue d'action de ces agents les rend absolument infidèles; et, en réalité, il faut plutôt les considérer comme des adjuvants des hypnotiques proprement dits. Le bromure de potassium est, incontestablement, le meilleur type de cette classe.
Nous allons cependant commencer Tétude des hypnotiques par celle du chloral, sans nous conformer étroitement à la classification rationnelle que je viens d'exposer, parce que, comme vous avez pu le voir jusqu'ici, les classifications sont commodes pour l'étude, mais il est bien difficile, sinon même tout à fait impossible, de les suivre d'une façon absolue. Voici, d'ailleurs, la raison qui me détermine à commencer par l'étude de cette substance médicamenteuse.
Si le chloral est à vrai dire un hypnotique, son action extrême, celle à laquelle il ne faut pas s'adresser quand on veut s'en servir comme médicament chez l'homme, mais à laquelle on s'adresse fréquemment quand on Tutilise en physiologie expérimentale, est une anesthésie générale; de telle sorte que le chloral, tout en étant un hypnotique aux petites doses, est en réalité, aux fortes doses, un anesthésique général. C'est donc un véritable et naturel terme de transition entre les substances que nous avons déjà étudiées et les hypnotiques proprement dits; et c'est la raison pour laquelle je crois devoir commencer l'étude des hypnotiques par celle du chloral, vous rappelant encore une fois que je me place ici au point de vue de l'étude pharmacodynamique et non pas, exclusivement, de l'indication thérapeutique.