INSUFFISANCE DE CES PREUVES
ment le chloral se décompose en présence des alcalis, mais — et voilà où les preuves deviennent vraiment tellement surabondantes qu'elles finissent par ne rien prouver du tout — les albuminoïdes mêmes décomposent le chloral, et le décomposent en donnant naissance à du chloroforme; et non seulement les albuminoïdes décomposent le chloral, mais ils opèrent cette décomposition jusqu'au sein d'une solution faiblement acide, ce que personne jusqu^alors n'avait observé. Il en serait de même du phosphate acide de soude, qui aurait la propriété de décomposer le chloral en donnant naissance à du chloroforme; dans ces cas, il se produirait de l'acide formique Hbre dont l'action pourrait venir s'ajouter à celle du chloroforme, à la condition de faire intervenir son pouvoir désoxydant. Do sorte que pour lui le dédoublement est incontestable, mais il se fait sous une triple influence : influence des alcalis, influence des albuminoïdes, influence du phosphate de soude. Il ajoute, toutefois, qu'il a observé, chez les animaux sur lesquels il faisait ses expériences, une diminution notable de l'alcalinité du sang, ce qui serait en concordance, dans une certaine mesure, avec l'interprétation de Liebreich; mais il aurait observé aussi une action propre du chloral sur les albuminoïdes, action qui consiste principalement en une tendance à la coagulation. L'action pharmacodynamique du chloral ne peut guère être éclairée par des faits aussi contradictoires, surtout lorsqu'on relève parmi ces faits des résultats en désaccord absolu avec les données expérimentales vérifiées et admises par tous.
Dans toutes ces expériences, Messieurs, un point extrêmement critiquable est celui-ci. Pour que la décomposition du chloral en présence des alcalis, et surtout des bicarbonates alcalins, se réalise, il est absolument nécessaire d'élever la température au moins à 38° ou 40**. Si la température ne s'élève pas à ce point, il n'y a nulle décomposition; et c'est précisément la raison pour laquelle je vous indiquais tout à l'heure une formule de sirop de chloral dans laquelle j'ajoutais du bicarbonate de soude, ne craignant en aucune façon, comme vous le voyez, cette décomposition.
On a également apporté à l'appui de Tinlerprélalion de Liebreich celte assertion que l'action du chloral serait beaucoup moins énergique sur les animaux à sang froid, ou sur les animaux refroidis, que sur les animaux à sang chaud, ou sur les animaux à sang froid maintenus à une température moyenne. C'est là un fait qui a été abso-