EFFETS LOCAUX
de chloral est violemment irritante, elle cause une infiltration œdémateuse, de très larges décollements de substance : si Ton regarde les altérations qui se sont produites sous l'influence du contact du chloral, on voit que les muscles sont comme brûlés, que les nerfs ont une coloration jaunâtre, qu'ils sont manifestement altérés; presque toujours la suppuration est la conséquence de pareilles injections hypodermiques, et cela, même lorsque les solutions de chloral sont relativement diluées, par exemple lorsqu'on fait une solution de 50 centigrammes de chloral dans 2 grammes d'eau distillée.
Quant aux injections intraveineuses, chez les animaux, chez le chien, par exemple, aux doses de 1 gramme, 1 gr. 50 et jusqu'à 2 gr. 20 de chloral dissous dans 20 grammes d'eau, on peut obtenir en quelques minutes, un narcotisme absolu, avec insensibilité complète, qui dure un temps plus ou moins considérable, trois» quatre, cinq, six heures au plus; la sensibilité reparaît au bout d'un temps variant de deux à trois heures.
Effets locaux du chloral. — Gomme effets locaux il y a lieu de distinguer ceux produits sur la peau et sur les muqueuses.
Sur la peau, c'est de la douleur, de l'irritation, une vésication plus ou moins intense; le contact est toujours douloureux, souvent même on voit une escharification légère. C'est précisément en raison de ces propriétés particulières que le chloral est une excellente substance antiseptique, en ce qui concerne l'antisepsie faite à la surface des téguments cutanés.
Les muqueuses sont plus sensibles encore à l'action irritante du chloral, et elles y sont sensibles de différentes façons; d'abord, parce que cette action irritante s'exerce avec une intensité considérable, et, d'autre part, parce que l'on voit se produire l'arrêt du mouvement des cils vibratiles, le chloral se comportant en cela comme les hypno-anesthésiques que nous avons étudiés.
Sur les muqueuses, le contact est toujours plus ou moins douloureux, même quand il s'agit de solutions étendues. En ce qui concerne la bouche, on éprouve une saveur piquante, âpre, désagréable, très persistante dans le pharynx, et qui est accompagnée, en général, d'hypercrinie salivaire réflexe.
La muqueuse stomacale réagit de la même façon, c'est-à-dire qu'on éprouve une sensation de chaleur, de douleur, accompagnant
tu EFFETS LOCAUX
la congestion ou des lésions plus graves que les solutions, même diluées, peuvent parfois produire; chez certains individus même, on voit une intolérance gastrique manifeste qui se traduit par des vomissements et des nausées et qui est quelquefois telle qu'on est obligé de renoncer à la voie gastrique pour l'introduction du cbloral; il faut alors avoir recours soit aux lavements, soit aux suppositoires. Ou a même rapporté plusieurs observations d'ulcération de la muqueuse gastrique sous Tinfluence de solutions concentrées de ehloral; mais les solutions diluées elles-mêmes ne sont pas à Tabri de l<»ul reprocbe à cet égard.
M. Léo Testut a attiré, le premier, Tattention sur l'action nécrosu ri lo qu'une solution forte de cbloral exerce sur la muqueuse gastrique. Il a montré également que des solutions à 1 pour 15 étaient encore capables de déterminer des congestions, des lésions inflammatoires, des ecchymoses, des escbares, des hémorragies, des ulcérations.
Il y a donc intérêt à se souvenir, lorsqu'on administrera du cbloral, qu'il faut diluer la solution dans une quantité d'eau suffisante pour éviter cette action offensive sur la muqueuse de Testomac.
Un gramme de cbloral doit être introduit dans Testomac dissous dans un volume de liquide d'au moins 50 centimètres cubes; et il faut se rappeler que l'administration, à l'homme dans l'état physiologique, de l'hydrate de cbloral sous forme de sirop de cbloral du Cudex, c'est-à-dire à 1 gramme d'hydrate de cbloral pour 20 grammes de sirop, aux doses progressives de 1 gramme, 1^,50 et 2 grammes par jour, provoque, déjà dès le second ou le troisième jour, une seni^ation très douloureuse au creux épigastrique, de vives coliques, un état nauséeux et lipotbymique avec sueurs profuses.
Lii muqueuse rectale est moins sensible, mais il faut néanmoins dilu* r dans une large proportion la solution de cbloral.
KlTets grénéraux du chloral. — Occupons-nous maintenant des effets généraux déterminés par le chloral et de l'interprétation de ces ellVls généraux au moyen de Tétude de l'action physiologique du chlurnl.
Quelle que soit la voie d'introduction du chloral dans l'organisme, les effets généraux sont les mêmes, à l'intensité et à la rapidité près; r'esl Faction hypnotique, ou même l'action anesthésique que le ctitfnal peut exercer à la limite de son action médicamenteuse. Cette