‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 40 sur 406 · REALISATION DE L ANESTHESIE CONFIRMÉE · texte numérisé non relu

REALISATION DE L ANESTHESIE CONFIRMÉE

avec un de ses amis, il se soumit à rinhalation du protoxyde d'azote. Wells s'aperçut que son ami, sous l'influence de ces inhalations, passa par une période d'excitation remarquable; que pendant cette période d'excitation il se débattit violemment, se cogna contre des meubles au point que le sang coulait de ses blessures. Après la séance, lorsque l'ami de Wells fut revenu à son état normal, interrogé par ce dernier sur les blessures qu'il s'était faites et sur le mal qu'il devait en éprouver, il fut très surpris, paratt-il, d'apprendre qu'il avait dû se blesser et ne put s'en convaincre qu'en constatant, par lui-même, l'existence des blessures.

Le fait de l'insensibilité complète manifestée par ce sujet n'échappa pas à Horace Wells, qui pensa qu'on pouvait trouver, dans l'emploi méthodique des inhalations de protoxyde d'azote, un moyen de remédier à la douleur. Et en effet, le lendemain même, il se fit aneslhésier à l'aide du protoxyde d'azote et se fit enlever une dent, ce qui n'entraîna pour lui aucune sensation douloureuse.

Il pensa bien, dès cette époque, à utiliser les vapeurs d'éther; mais l'inhalation des vapeurs d'éther ne produisant pas, chez lui et chez les individus sur lesquels il essaya cette inhalation, la sensation agréable que produit le protoxyde d'azote, il ne poussa pas plus loin ses recherches sur l'éther et se borna à l'emploi du gaz hilarant qui était appliqué exclusivement à l'art dentaire, après quelques essais infructueux d'application à des opérations chirurgicales assez graves et longues, telles que amputations, ablations de tumeurs.

Ce furent des collègues à lui, Morton et Jackson, qui, systématiquement, cherchèrent à remplacer les vapeurs de protoxyde d'azote par les vapeurs d'éther, et qui réalisèrent en somme la première hypno-anesthésie au moyen de l'éther, sous l'influence duquel ils remarquèrent une insensibilité beaucoup plus accentuée.

Mais l'éther avait déjà été employé à plusieurs reprises ; et ici se montre encore une fois ce concours de circonstances si bizarre qu'on observe à chaque instant dans l'histoire des sciences, d'un phénomène auquel tout le monde touche, en quelque sorte, sans que personne puisse arriver à le pousser au point voulu. L'éther était déjà employé depuis un grand nombre d'années par beaucoup de praticiens sans qu'on se fût jamais aperçu qu'on pouvait, à son aide, obtenir vraiment rhypno-anesthésie. C'est ainsi que dès le xvi® siècle, dès la découverte de l'éther, les entomologistes l'employaient pour

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