EMPLOI DE L ETHER
anesthésier les animaux qu'ils recueillaient au cours de longues excursions et leur permettre de les rapporter intacts pour les étudier. On peut dire que, dès le début, dès la création du microscope, on emploie les vapeurs d'éther pour immobiliser les infusoires.
En 1811 Brodie avait signalé ce fait que l'élher avait déterminé chez un cheval une léthargie assez considérable pendant laquelle, dit-il, il aurait certainement pu pratiquer sur lui une opération grave.
A peu près à la même époque, OrGla administra à un chien, après lui avoir lié l'œsophage suivant sa fameuse méthode, très critiquable d'ailleurs, 13 grammes d'éther, et observa, à la suite de cette admiîiistration, une anesthésie qui se produisit au bout de dix minutes; mais grâce, en partie tout au moins, à la ligature de l'œsophage, l'animal mourut dans un état comateux à la suite de cette anesthésie.
Giacomini d'abord et ensuite Simon observèrent que chez les lapins l'éther déterminait une sorte de bouleversement de l'animal, qui était abattu, chancelant, stupéfié, soporeux, exactement comme un animal soumis à l'action des narcotiques. L'excès de l'emploi des vapeurs d'éther déterminait chez ces animaux des convulsions et la mort. Giacomini avait observé que, chez l'homme, l'élher déterminait de la chaleur, de la sueur, une élévation du pouls, une légère excitation cérébrale, une sorte d'ivresse accompagnée de torpeur fort analogue à l'ivresse alcoolique. Dans ces cas il est évident que la dose anesthésique n'avait pas été atteinte.
Je vous ai parlé tout à l'heure de ce médecin anglais, Richard Pearson, de Birmingham, qui administrait l'élher en inhalations chez les tuberculeux et qui avait remarqué le calme succédant aux violentes quintes de toux de ces malades. Thornton avait également administré l'élher aux individus atteints d'affections pulmonaires et avait observé une sédation très remarquable à la suite de son emploi : ce dernier médecin paraît môme avoir déterminé, une fois au moins, l'anesthésie généralisée.
Vers 1795, Beddoes avait pratiqué les inhalations d'éther dans un but purement expérimental à son Institut de Clifton. Quant à Faraday, il avait cherché à mettre en évidence l'analogie d'action entre les vapeurs d'éther et celles du protoxyde d'azote.
Thénard, Desportes, Anglada avaient vérifié ces assertions et regardaient, de plus, l'éther comme un sédatif puissant.