EXAGÉRATION DE L EXCITABILITE REFLEXE
arrêté machinalement, abruti, ressemblant par son attitude et sa démarche aux canards écérébrés de Ch. Richet, le chien se couche, non seulement parce qu'il est pris d'une envie de dormir irrésistible, ainsi que le montrent ses paupières tendant à se fermer et animées de petites contractions, mais encore parce qu'il est en proie à une incoordination motrice accentuée, comme en état d'ivresse. A ce moment, l'excitabilité réflexe et psychique est accrue, et l'animai éprouve un tressaillement général, comme une décharge convulsive, sous l'influence d'un bruit un peu intense. La respiration n'est pas ralentie, et les contractions cardiaques sont restées normales comme fréquence et comme énergie.
Le sommeil devient de plus en plus profond : il difl^ère du sommeil produit par le chloral en ce que, sous l'influence de ce dernier les réflexes sont, sinon abolis, du moins considérablement diminués; tandis que sous Tinfluënce du chloralose, les réflexes sont, au contraire, exagérés : ainsi, le moindre attouchement provoque un soubresaut généralisé, presque une convulsion strychniforme. En Tabsence de toute excitation, le sommeil est assez calme, sans autre réaction que le frisson déterminé par chaque inspiration, ce qui montre bien que le fonctionnement de la régulation thermique n'est pas intéressé.
Un second point par lequel le sommeil déterminé par le chloralose diffère du sommeil déterminé par le chloral, c'est celui relatif à la pression artérielle, qui n'est pas abaissée sous l'influence du chloralose comme elle l'est sous l'influence du chloral. La conservation, et même l'exagération, des mouvements réflexes prouve, qu'à cette période, il n'y a pas abolition de l'aclivité médullaire qui tient, comme vous le savez, sous sa dépendance la conlractilité des petits vaisseaux et la pression sanguine.
On ne peut cependant assimiler ce sommeil au sommeil calme et naturel. Les mouvements respiratoires restent toujours plus ou moins convulsifs, saccadés, irréguliers; ils se modifient profondément au moindre bruit, au moindre contact, témoignant ainsi combien est susceptible l'hyperexcitabilité réflexe. Quant aux membres, au lieu d'être en état de simple résolution musculaire, fléchis, abandonnés au hasard en quelque sorte, ils affectent des positions étranges; ils sont partiellement cataleptisés, contractures, et rappellent les positions forcées que Ton voit prendre aux membres des