‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 401 sur 406 · DISSOCIATION DES DIVERSES SENSIBILITÉS · texte numérisé non relu

DISSOCIATION DES DIVERSES SENSIBILITÉS

individus en proie à une crise névropathique, hystérie, épilepsie, par exemple. Les propriétés fonctionnelles des nerfs moteurs sont restées absolument intactes comme le prouvent les mouvements violents qui succèdent à une excitation mécanique, mais rien ne peut faire supposer qu'il existe une perception consciente; les mouvements observés constituent des manifestations réflexes uniquement médullaires.

Dans la période de sommeil le plus profond, c'est-à-dire de deux à trois heures après Tingestion stomacale du chloralose, les réflexes ne sont jamais abolis complètement; seule, Thyperexcitabilité du début se calme. Le sommeil profond dure de cinq à sept ou huit heures, quelquefois plus longtemps; mais, au bout de vingt-quatre heures, le chien semble bien remis, ayant conservé sa gaîlé et son appétit.

Avec les doses toxiques, les phénomènes du début sont exactement les mêmes; seulement le sommeil devient de plus en plus profond; et la mort survient, pendant ce sommeil, par arrêt de la respiration.

En raison de sa constitution névropathique, le chat est encore plus profondément affecté; et les symptômes d*ataxie et d'incoordination motrice sont encore plus accusés, en même temps que le sommeil est moins calme. De là, semble découler, comme application pratique, que les états névropathiques sont, peut-être, des contre-indications à remploi du chloralose.

La preuve que la mort survient par arrêt primitif de la respiration résulte avec une entière évidence de Texpérimentation sur les chats; chez ces animaux, en effet, le cœur bat encore avec force et régularité lorsque se produit Tarrêt respiratoire.

Un phénomène sur lequel il est intéressant d'insister est celui de la dissociation des diverses sensibilités. Les chats ou les chiens soumis à l'influence d'une dose toxique de chloralose paraissent avoir une hyperexcitabilité réflexe exagérée : ils réagissent par un soubresaut brusque, une secousse d'apparence tétanique, soit à un attouchement ou à un coup frappé sur le plan qui les supporte, soit même à un bruit un peu intense comme celui causé par une porte fermée brusquement; mais, en réalité, ils sont insensibles aux excitations douloureuses; le pincement, la brûlure, la dilacération d'un nerf, etc., ne déterminent chez eux aucune manifestation réflexe.

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