‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 42 sur 406 · EMPLOI DE L ETHER · texte numérisé non relu

EMPLOI DE L ETHER

Christison, en 1831, rapporta un cas de léthargie ayant duré trente-six heures à la suite d'inhalation de vapeurs d'éther. Il cite, de plus, un fait intéressant, celui de la mort de la servante d'un droguiste ayant couché dans une chambre dans laquelle s'était brisé un flacon d'éther et qui avait succombé à l'inhalation prolongée de ses vapeurs.

Enfin, en 1837, Cruveilhier a employé l'éther à titre d'agent sédatif chez une malade atteinte d'accès de suffocation. Il remarqua à plusieurs reprises que, chez cette malade, une période de calme, de sommeil profond, avait succédé à l'inhalation des vapeurs d'élher : Tanesthésie s'était produite peu à peu.

Mais, en réalité, celui à qui il faudrait attribuer l'origine de l'emploi de l'éther comme hypno-anesthésique est un chirurgien de Jefferson, dans la Nouvelle-Géorgie, Crawford Long, qui, depuis 1842, se servait des inhalations d'éther pour les opérations chirurgicales et qui, grâce à ces inhalations, avait pu réaliser des opérations de grande chirurgie. Mais ces premiers essais n'eurent aucun retentisement, et les résultats n'en furent même publiés que beaucoup plus tard.

Quoi qu'il en soit, c'est le 30 septembre 1846 que Morton fît la première opération, je serais tenté de dire officielle, dans laquelle l'éther fut employé comme hypno-anesthésique. Le 17 octobre 1846, Warren, à son exemple, pratiqua l'ablation d'une tumeur du cou. Puis, Haywood fît l'ablation d'un sein ; Bigelow, la résection d'un maxillaire inférieur et une amputation de cuisse.

Encouragés par ces premiers résultats, le 27 octobre 1846, Morton et Jackson prirent un brevet pour la préparation et l'exploitation d'une substance, qu'ils appelèrent Lélhéon et qui n'était autre chose que de l'éther dont l'aspect et l'odeur étaient dénaturés au moyen de l'essence de néroli.

A partir de ce moment, Thypno-anesthésie était véritablement créée; et nous voyons la méthode de Morton et Jackson essayée d'abord en Angleterre, où une amputation de jambe fut faite par Liston en décembre 1846. Puis, de là, elle est passée en France, où Jobert, de Lamballe, l'adopta un des premiers. En janvier 1847, Malgaigne communiquait à l'Académie de médecine les résultats de l'emploi de l'éther pour les opérations qu'il avait pratiquées à l'hôpital Saint-Louis.

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