‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 43 sur 406 · EMPLOI DU CHLOROFORME · texte numérisé non relu

EMPLOI DU CHLOROFORME

Enfin Velpeau, à TAcadémie des sciences, était obligé de revenir sur une assertion qu'il avait émise à une époque antérieure et qui était celle-ci ; pour lui, disait-il au moment môme où Thypno-anesthésie était découverte, éviter les douleurs opératoires est une chimère qu'il n'est pas permis de poursuivre. Mais cette même année 1847, à l'Académie des sciences, en communiquant la découverte de Morton et Jackson, il revenait sur son imputation première en disant que le fait de l'insensibilisation, réalisée par ce procédé, était de nature à impressionner profondément, non seulement la chirurgie, mais encore la physiologie, voire même la psychologie.

C'est à cette époque que Flourens et Longet essayèrent d'interpréter l'action des substances anesthésiques par des expériences sur les animaux. Ils étendirent leurs études non seulement à l'éther» mais encore à l'éther chlorhydrique, puis au chloroforme, qui avait été découvert en 1831 par Soubeiran, et qui avait été laissé de côté, n'ayant pas trouvé jusqu'alors d'applications.

C'est Jacob Bell qui, le premier, essaya d'utiliser le chloroforme chez l'homme, et Simpson, d'Edimbourg, qui en détermina l'emploi dans la pratique : c'est à Simpson qu'on doit d'avoir fixé les règles de son emploi. Une étude parallèle de l'action de l'éther et de celle du chloroforme montra qu'il n'y avait, entre ces deux hypno-anesthésiques, qu'une différence de degré; que l'action du chloroforme était plus rapide, plus complètement et parfaitement hypno anesthésique, mais qu'il y avait une très étroite analogie dans leur action physiologique. Mais bientôt des accidents de mort survinrent, accidents qui, comme vous le savez, sont dus à des syncopes dont nous étudierons bientôt le mécanisme. On ne tarda pas à reconnaître que la syncope, cause du danger, étant accidentelle et inhérente au sujet, reste permanente comme lui. On chercha s'il n'était pas possible de trouver, en dehors de ces deux substances, éther et chloroforme, qui semblaient les seuls anesthésiques à employer, d'autres substances qui ne présenteraient pas leurs dangers et leurs inconvénients.

C'est à partir de ce moment que l'amylène fut d'abord essayé par Snow en 1856; et que les recherches des expérimentateurs se portèrent sur un très grand nombre de substances qui, toutes, étaient plus ou moins capables de déterminer des phénomènes d'anesthésie plus ou moins profonde. En ce qui concerne l'amylène, par exemple, Snow montra que la période d'excitation du début, période qui est si

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