ACTION DES ANESTHESIQUES SUR LES ETRES VIVANTS
les anthères de la fleur d'épine-vinetle, être aussi sensibles à inaction générale de ces substances. Bien plus, et j'ai déjà appelé votre attention sur ce sujet lors de l'historique de Temploi de Téther, les cils vibratiles qui jouissent d'une immunité absolue au point de vue des difl*érentes substances toxiques ne jouissent pas de cette immunité vis-à-vis des anesthésiques qui arrêtent absolument leur mouvement.
Dans tous ces cas, il s'agit, bien entendu si l'emploi de l'anesthésique n'est pas poussé trop loin, d'une simple suspension de l'activité vitale des cellules qui sont sous son influence : elles n'éprouvent aucune altération, à la condition que la prolongation de l'anesthésie ne soit pas trop considérable.
Ce sont surtout les études des physiologistes et des vétérinaires qui ont permis d'interpréter les modes d'action des anesthésiques et de fixer les meilleurs procédés pour leur emploi. Ces études ont démontré tout d'abord que les diverses espèces animales possédaient une sensibilité très diff'érente à l'égard des mêmes anesthésiques. On a essayé, à un moment donné, pour la pratique de la médecine vétérinaire, l'emploi de ces substances chez les gros mammifères, chez le cheval, chez le bœuf, chez le mouton, et on a même pensé un moment qu'on pourrait utiliser l'emploi de ces anesthésiques pour remplacer, dans l'alimentation de l'homme, l'abatage des gros animaux. On a dû renoncer à cet emploi, parce qu'on s'est aperçu, aussi bien pour la pratique de la médecine vétérinaire que pour l'abatage destiné à l'alimentation, que la chair des animaux qui avaient succombé sous l'influence des anesthésiques était imprégnée par ces produits et qu'elle en conservait une odeur extrêmement intense et telle que l'alimentation avec de semblables viandes était absolument impossible.
Chez les petits mammifères, on trouve également des diff'érences très notables, suivant la façon dont ces animaux sont influencés. Pour ne citer qu'un animal qui, très fréquemment dans les laboratoires sert de sujet d'expériences, le chien, je vous dirai que l'anesthésie de cet animal est assez souvent difficile à réaliser; que, dans certaines circonstances même, si l'on ne prend pas d'extrêmes précautions, le chien succombe très rapidement lorsque l'anesthésie est pratiquée avec le chloroforme. Cet animal est donc extrêmement sensible au chloroforme, bien plus sensible qu'il ne