PENETRATION DANS LE SANG
poumon est non seulement un organe d'absorption, mais encore un organe d'exhalation : si la substance volatile transportée par Tintermédiaire du sang veineux se trouve en contact avec une atmosphère ne renfermant pas cette substance volatile, l'exhalation se fera, et d'autant plus activement que la tension de vapeur de cette substance volatile est plus considérable : la quantité qui pourrait passer ensuite dans le sang artériel sera donc toujours beaucoup trop faible pour pouvoir influencer les éléments nerveux sensilifs. Telle est la raison pour laquelle l'injection sous-cutanée ne peut pas déterminer d'action anesthésique chez les mammifères; les actions physiologiques ne se produisant pas à dislance et exigeant le contact immédiat du corps actif avec le tissu ou l'élément anatomique sur lequel il est capable de réaliser son action.
n en va tout aulrement chez les batraciens et chez les animaux à sang froid; chez eux, la respiration est beaucoup moins active; l'exhalation pulmonaire est ralenlie dans une proportion sensible et elle est absolument insuffisante pour débarrasser le sang, non de la lolalité, mais même seulement de la majeure partie de la substance qu'on y a introduite.
Il faut encore tenir compte de ce fait que, par rapport au volume de ranimai, la quantité de substance anesthésiante qu'on introduit ainsi chez les animaux à sang froid est de beaucoup supérieure à celle qu'on peut introduire chez les mammifères.
D'ailleurs, les anesthésiques ne sont pas les seuls exemples de ce genre; vous savez qu'on peut fort bien, comme l'a démontré Claude Bernard et comme on a essayé de l'appliquer ensuite en thérapeutique, introduire par les voies veineuses des substances assez toxiques pour déterminer des accidents lorsqu'elles sont introduites, même à dose moindre, dans la circulation artérielle : ces substances sont alors éliminées de l'organisme sans avoir déterminé les accidents qu'elles pourraient produire si on les introduisait d'une antre façon. Je veux seulement vous rappeler comme exemple les lavements gazeux d'hydrogène sulfuré. Claude Bernard a montré le premier qu'on pouvait introduire des quantités considérables d'hydrogène sulfuré par voie d'injections intra-veineuses et que, par le mécanisme que je vous exposais tout à l'heure, l'hydrogène sulfuré s'élimine par la surface pulmonaire, ce qu'il est facile de constater en introduisant dans la bouche de l'animal un papier