‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 50 sur 406 · CONDITIONS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

CONDITIONS PARTICULIÈRES

imprégné d acétate de plomb qui noircit immédiatement. Dans ce cas même, l*exhalation *par les bronches peut être sufflsante pour déterminer l'inspiration involontaire d'une quantité toxique d'acide sulfhydrique. C'est la même propriété qui a permis de recourir à l'emploi des lavements gazeux d'hydrogène sulfuré pour la cure de certaines afTections pulmonaires.

Par conséquent, pour les anesthésiques comme pour beaucoup d'autres substances toxiques (Claude Bernard l'a démontré, par exemple, pour le curare, et l'on pourrait le répéter pour une quantité d'autres substances), il ne s'agit pas d'une différence dans l'action exercée par la substance en question sur certains animaux ou sur d'autres, c'est une différence de conditions particulières qui modifie ou qui masque la façon dont la substance peut agir sur l'économie, mais en réalité cette substance exerce toujours une action unique, constante.

Un exemple frappant a été donné précisément par Claude Bernard à ce sujet : lorsqu'on veut obtenir l'anesthésie des grands animaux, du cheval, par exemple, il suffît d'introduire dans les naseaux de cet animal une éponge imprégnée d'éther pour que le passaige du gaz nécessaire à la respiration volatilise l'éther, l'en traîne dans l'appareil pulmonaire de l'animal et détermine chez lui une anesthésie parfaite. Si l'on voulait employer ce procédé avec un autre animal, le bœuf ou le mouton, par exemple, on serait fort étonné de voir qu'il est impossible d'arriver à aneslhésier l'animal dans ces circonstances. A priori, il semble qu'on pourrait dire que l'éther agit sur le cheval d'une façon différente de celle avec laquelle il agit sur le bœuf ou le mouton : ce serait complètement inexact, et l'explication nous en est fournie par une particularité anatomique qui consiste en ce que la bouche et le larynx du cheval ne sont pas en communication directe comme la bouche et le larynx des deux autres animaux dont je viens de parler: il en résulte que lorsqu'on veut anesthésier le cheval, le procédé que je vous indiquais tout à l'heure oblige les vapeurs d'éther à s'introduire dans le poumon avec l'air passant à travers les naseaux tandis que, lorsqu'on pratique cette même opération chez les autres animaux, comme leur appareil nasal est gêné, ils respirent par la bouche et n'aspirent pour ainsi dire pts de vapeurs anesthésiques.

Les recherches des physiologistes nous ont appris également, et

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