CONDITIONS DE L'ABSORPTION
chloroforme ou de Télher; et on peut déterminer une anesthésie générale de la plante en lui faisant absorber la substance anesthésique par ses radicelles, par exemple en l'arrosant avec de l'eau tenant en dissolution du chloroforme ou de l'éther.
Ce point est extrêmement important, Messieurs, parce que le caractère et l'intensité des phénomènes en présence desquels on se trouve dépendent de la puissance de cette absorption et de la quantité de substance anesthésique qui peut venir au contact des éléments anatomiques dans ces conditions.
Les conditions qui règlent l'absorption de la substance anesthésique et la proportion qui en est retenue dans le sang sont d'ordre absolument physique, comme l'ont démontré les très belles recherches de Paul Bert, non seulement au sujet des anesthésiques, mais encore au sujet des gaz et des vapeurs non toxiques.
L'action des gaz et. des vapeurs sur l'être vivant est réglée par LEUR tension PARTIELLE. — Il Semblerait, en énonçant cette loi, car c'est le nom qu'elle porte, c'est la loi de Paul Bert, il semblerait, tellement elle est nette, tellement elle est précise, qu'il s'agit de l'énoncé d'une loi de physique pure; et c'est, en effet, à une véritable loi physique que se ramène en somme l'absorption des anesthésiques. Ainsi le protoxyde d'azote est anesthésique seulement à la pression de 760 millimètres de mercure.
Donc, la pénétration des anesthésiques dans le sang dépend de la composition centésimale du mélange qui est présenté à ce sang. L'absorption parle liquide nutritif se fera jusqu'à ce que la tension des vapeurs de la substance anesthésiante soit égale, dans le sang, à la tension des vapeurs de cet anesthésique dans le mélange gazeux avec lequel ce sang se trouve en contact. Si l'on vient à présenter au sang un mélange dans lequel la tension des vapeurs de substance anesthésique soit augmentée, il s'en dissoudra dans le liquide sanguin une proportion un peu plus considérable, jusqu'à ce que, l'équilibre de tension étant rétabli, il se produise un état stable, dans lequel l'absorption compense exactement l'exhalation, et qui constitue ce qu'on a appelé Vétat d'entretien.
Il y a de plus, comme l'ont démontré les recherches de Paul Bert, des effets physiologiques particuliers déterminés par les différents mélanges. Vous pouvez concevoir, en effet, qu'on mélange avec l'air qui est donné à inhaler à l'animal des quantités successivement