PREUVES DE LA PENETRATION DANS LE SANG
croissantes de substances anesthésiques; eh bien, depuis une certaine valeur, depuis un mélange à 4 p. 100 comme minimum, jusqu'à une proportion beaucoup plus considérable, les propriétés anesthésiantes de ce mélange d*air et de vapeurs actives se manifestent, mais il y a pour chaque espèce animale un mélange optimum qui a été parfaitement déterminé, en ce qui concerne Thomme et quelques animaux supérieurs, par les recherches de Paul Bert.
Le chien, par exemple, tombe dans un état d*anesthésie tranquille avec un mélange à 10 p. 100, c'est-à-dire un mélange renfermant 10 grammes de vapeurs de chloroforme pour 100 litres d'air, ou, si vous aimez mieux, renfermant pour 100 litres d air 6 centimètres cubes 6 de chloroforme, ce qui revient au même. L'anesthésie se produit, chez le chien, avec ce mélange à 10 p. 100, dans un espace de quatre à cinq minutes, et elle peut se prolonger pendant un temps relativement considérable, deux ou trois heures, sans entraîner la mort de Tanimal.
Avec des mélanges à titre inférieur, on n'obtient pas une anesthésie vraie, mais un engourdissement plus ou moins persistant, alors qu'avec un mélange à 25 p. 100, par exemple, on obtient une anesthésie extrêmement rapide, presque foudroyante, mais la mort survient dix à quinze minutes après le début de l'expérience; et cela, bien que l'absorption de la substance anesthésique soit, avec ce mélange à 25 p. 100, beaucoup moins considérable qu'avec le mélange à 10 p. 100 dont je vous parlais tout à l'heure.
Pénétration des anesthésiques dans le sangr. — Ainsi que nous venons de le voir, il est absolument nécessaire que la substance anesthésique pénètre dans le sang; c'est une conséquence évidemment fatale de la loi de Paul Bert que je vous citais tout à l'heure. Il est indispensable, non seulement que la substance anesthésique se trouve dans le sang, et dans le sang artériel, comme je vous l'ai déjà dit, mais encore il est indispensable qu'elle y existe dans une certaine proportion. L'exemple que je viens de vous citer des expériences faites par Paul Bert sur des chiens et avec des mélanges à titres différents montre qu'en effet l'anesthésie ne se produit pas au moment même où la substance anesthésiante commence à pénétrer dans le sang; elle se produit seulement lorsqu'une certaine quantité de cette substance anesthésiante circule dans le milieu intérieur, et à partir de ce moment seulement l'anesthésie s'établit.