‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 54 sur 406 · PREUVES DE LA PENETRATION DANS LE SANG · texte numérisé non relu

PREUVES DE LA PENETRATION DANS LE SANG

Claude Bernard, Tun des premiers, avait cherché à démontrer la présence en proportion nettement appréciable dans le sang des substances actives sur l'organisme animal. En ce qui concerne les substances aneslhésiques, et plus particulièrement le chloroforme, qui peut servir de type pour les expériences de ce genre, cette recherche est extrêmement facile à faire : elle est fondée sur une réaction chimique des plus simples que je vais faire répéter devant vous.

Lorsqu'on fait traverser un tube de porcelaine chauffé au rouge par des vapeurs de chloroforme, ce chloroforme se décompose, il se produit de l'acide chlorhydrique, et si, à la sortie du tube de porcelaine chauffé, on dispose un tube de Liebig contenant une solution d'azotate d'argent, les vapeurs qui vont se dégager à travers cette solution détermineront la formation d'un précipité blanc de chlorure d'argent qui sera la preuve de l'existence de vapeurs chloroformées ayant passé dans le tube.

L'appareil consiste d'abord en un flacon servant d'aspirateur pour faire passer l'air dans le tube : l'air aspiré barbote dans un ballon renfermant le sang dans lequel il s'agit de rechercher le chloroforme ; ce ballon est chauffé à l'aide d'un bain-marie et muni d'un tube plongeant par son extrémité inférieure dans le liquide sanguin; lorsque le courant d'air aura entraîné les vapeurs de chloroforme (qui seront entraînées d'autant plus facilement que le mélange est chauffé) et lorsqu'elles arriveront dans le tube chauffé au rouge, elles seront décomposées en donnant naissance à de l'acide chlorhydrique dont la présence sera révélée par la formation du chlorure d'argent dans le tube de Liebig.

Cette expérience paraît bien simple maintenant, mais à l'époque où Claude Bernard l'a faite, il y a trente ans, elle était extrêmement importante parce qu'elle a permis d'interpréter l'action des anesthésiques. A cette époque, en effet, un certain nombre de théories avaient été émises sur l'action de ces anesthésiques, et il faut bien dire que certains faits, que je vous ai rappelés très succinctement dans l'historique, semblaient donner à ces interprétations une certaine valeur.

C'est ainsi que M. Faure avait admis que les aneslhésiques n'agissaient pas autrement qu'en excitant les extrémités du pneumo-gastrique et en déterminant ainsi une sorte d'asphyxie en conséquence de laquelle se produisait l'action anesthésique. Cette excitation pro-

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